Nouvelle manifestation de policiers à Paris pour exprimer leur ras-le-bol

Quelques centaines de policiers ont manifesté vendredi à Paris, pour la cinquième soirée consécutive, pour dire leur ras-le-bol, treize jours après l'agression en Essonne de leurs collègues. Les policiers sont appelés à manifester ce samedi devant la mairie d'Evry, fief de Manuel Valls.

Après plusieurs nuits de manifestations rassemblant des centaines d'agents à Paris, en banlieue et en province, les policiers ont obtenu des gages qui n'ont toutefois pas réussi à faire retomber la colère, deux semaines après l'attaque aux cocktails Molotov qui a blessé quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon (Essonne), dont l'un, grièvement brûlé, est toujours hospitalisé.

Rassemblement de centaines de policiers

Peu après 21h30, les policiers se sont rassemblés par petits groupes, devant la cathédrale Notre-Dame, certains arborant leur brassard orange, et ont entonné une Marseillaise. A chaque sirène de police qui passait à proximité, ils applaudissaient. "Les vraies revendications sont liées à la façon d'exercer notre métier", explique Christophe (usant d'un faux prénom comme ses autres collègues interrogés), 38 ans dont 16 dans la police. Réclamant "une réforme de la légitime défense", ce brigadier qui travaille en Seine-et-Marne estime qu'il faut "faire changer la peur de côté". "Tous les flics de France ont peur de sortir leur arme", s'énerve-t-il. "On ne demande pas un permis de tuer mais le texte n'est plus adapté à la délinquance d'aujourd'hui", estime Eric, brigadier chef de 47 ans.

Emilie, gardien de la paix de 25 ans à Paris, demande à être plus "soutenue par la hiérarchie": "Quand on est blessé sur une intervention on n'est pas entendu". Ne se réclamant pas des syndicats -"on est mal représentés, les délégués ne connaissent plus la réalité du terrain"- elle souhaite aussi "une réforme pénale". C'est ce qui "pourrait mettre fin au mouvement qui est parti pour durer", "on peut nous mettre tous les moyens, tous les effectifs, si les peines ne sont pas appliquées ça ne va rien changer", renchérit à ses côtés Joséphine, 30 ans, gardien de la paix à Paris depuis 6 ans.

Le cortège a rallié l'hôtel-de-ville

Peu avant minuit, les policiers ont ensuite rallié l'Hôtel de ville, a quelques centaines de mètres de là, aux cris de "Cazeneuve démission", "Citoyens avec nous", "Français en colère" ou encore "La racaille en prison". Ils ont de nouveau entonné une Marseillaise et frappé dans leurs mains, "en hommage aux policiers blessés et aux victimes des attentats". Puis le cortège a remonté la rue de Rivoli à contre-sens parmi les voitures en criant "Citoyens avec nous !".

A certaines fenêtres, balcons, aux terrasses des cafés ou au volant des voitures, des personnes applaudissaient, acclamaient les forces de l'ordre ou agitaient un tissu. Les policiers se sont ensuite dispersés vers 01H00 du matin.

D'autres rassemblements en soirée ont aussi eu lieu à Marseille (une cinquantaine de policiers) et Calais (une quarantaine). Le mouvement, qui a fait tache d'huile depuis lundi avec des rassemblements dans plusieurs villes, fait suite à une violente attaque au cocktail Molotov d'un véhicule de police à Viry-Châtillon (Essonne), le 8 octobre.