Halloween, version touristique. A l'approche de la Toussaint, le musée Grévin propose un parcours spécial 31 octobre. L'occasion de voyager aux frontières de l'étrange, dans l'un des lieux les plus visités de Paris.

Un cri d'effroi, au cœur de la capitale. Il est presque minuit, et l'ambiance est glaciale au musée Grévin. Pourtant, des centaines de visiteurs font la queue devant l'établissement : du mercredi 19 au lundi 31 octobre, les soirées "Grands Frissons" accueillent les Parisiens pour une visite, dès 20 heures. Le musée profite en fait de l'approche de la Toussaint pour rhabiller ses célèbres statues de cire en costume d'Halloween.

Stéphane Bern, Phil Collins, Zlatan Ibrahimovic... Au milieu des personnalités représentées, plus d'une centaine au total, le parcours est entièrement repensé pour coller à une esthétique horrifique. Certaines sculptures ont été refondues, d'autres déguisées : les personnages de cire vous accompagnent pour la fête des morts, mais pas uniquement.
Halloween au musée Grévin
Halloween, version touristique. A l'approche de la Toussaint, le musée Grévin propose un parcours spécial 31 octobre. L'occasion de voyager aux frontières de l'étrange, dans l'un des lieux les plus visités de Paris.

 

"Mes enfants flippent, ça c'est sûr", rit Karl Michel, un Mélunais venu pour fêter l’anniversaire de son fils, avant d'être bousculé par un mouvement de foule. Tapie dans l'ombre, une momie en haut-de-forme, terrifie les groupes de visiteurs : le monstre n'hésite pas à sauter sur ses proies. La pénombre bleutée inspirée du XIXème siècle londonien marche à tous les coups.
Pour ces 13 soirées, 12 comédiens viennent maudire les lieux. Un comte presque bicentenaire accueille les visiteurs dans la salle des bals. Un géant tatoué fait office de majordome. Des jumeaux masqués bloquent les visiteurs dans les escaliers. Et une Bête similaire aux films de Disney surprend les familles égarées dans les couloirs du musée.

Le bal final de la soirée "Grands frissons", au musée Grévin, à Paris

 

Plus de rire que de peur

"L'angoisse n'est pas supportable sans l'humour. C'est le mélange qui fait le plaisir." Les mots du maître du suspense, Alfred Hitchcock, se confirment au musée Grévin. Au fil du parcours, les numéros joués par les comédiens surprennent les plus émotifs - surtout des enfants, et font sursauter quelques parents. Mais dans les cris, les rires se mêlent souvent à la peur. Illustration parfaite avec le docteur Sevarius, une caricature du professeur Frankenstein.
Maniaque, ce médecin-légiste expose ses collections morbides : autour d'un torse cadavérique, on découvre des mains, des yeux, et des pieds plongés dans des bocaux de formol. Mais comme tous les comédiens, le docteur provoque le rire plus que la peur. Thomas, bientôt 11 ans, admet s'être caché derrière son père Karl la plupart du temps. Ses craintes n'ont pas résistés au jeu d'acteur approximatif du professeur : "C'est mon plus gros fou rire, avec sa façon de parler et son costume bizarre !"
Thomas, bientôt 11 ans, au musée Grévin, à Paris. / © France 3 Paris IDF
Thomas, bientôt 11 ans, au musée Grévin, à Paris. / © France 3 Paris IDF

Une ambiance de série Z

Même constat pour l'ambiance. Les jeux de lumières, très travaillés, illuminent en rouge les plafonds et les murs de la salle d'entrée, et plongent par intermittence dans l'obscurité les salles du premier étage. Les notes rappellent les bandes originales de films d'horreur. Krysle Lip, qui a conçu l'ambiance musicale, explique d'ailleurs être attiré par le mystique et l'ésotérique : "Ma musique est toujours mystérieuse, et dramatique."
Phil Collins, au musée Grévin. / © France 3 Paris IDF
Phil Collins, au musée Grévin. / © France 3 Paris IDF
Les décors couverts de toiles d'araignée, comme les costumes et le maquillage, restent assez kitch. Une ambiance de films de série Z, parfaitement adaptée à la soirée d'Halloween. Si l'épouvante se conforme bien aux familles, il faut tout de même prévoir 21 euros d'entrée. Un prix qui pourrait s'alourdir avec le passage obligé à la boutique, à la fin du parcours.
Une soirée d'horreur au musée Grévin. / © Musée Grévin/Virginie Ribaut
Une soirée d'horreur au musée Grévin. / © Musée Grévin/Virginie Ribaut
Grévin cherche en fait à séduire un public plus jeune que d'habitude au musée. Son directeur général, Yves Delhommeau, se réjouit du succès : "Nous sommes obligés de limiter le nombre d’entrées. Le premier soir, la file d'attente s'étendait jusqu’à l'entrée du métro." Les "Grands Frissons" attirent près de 1.000 visiteurs chaque soir, et le final du lundi 31 octobre pourrait réunir 1.800 personnes jusqu'à une heure du matin.

Le filon de l'insolite attire également la concurrence. D'autres sites touristiques pourraient tenter un public plus mature, comme le Manoir de Paris ou l'"Escape Game" LeavinRoom, avec un jeu d'évasion grandeur nature inspiré du film d'horreur Saw.