Paris, Journées européennes du patrimoine : du plus spectaculaire au plus insolite, les 5 lieux à ne pas manquer

Ce week-end, vous le savez, ce sont les journées européennes du patrimoine.
Comme il est parfois compliqué de choisir quels endroits visiter tant les possibilités sont nombreuses, nous vous proposons nos cinq coups de cœur. Du plus spectaculaire au plus insolite ! 

Par France Montagne

Nous ne vous parlerons pas du parc Disneyland, qui participe pour la première fois aux journées du patrimoine… parce que c’est complet.
Nous ne vous dirons pas non plus un mot sur le palais de l’Elysée qui se visite uniquement ce samedi et ce dimanche…
Tout simplement parce qu’il faut être très patient pour y entrer ! A moins que vous ne vouliez faire plus de 8h de queue…
Alors, voici nos 5 coups de coeur !
Du plus spectaculaire au plus insolite ... et surtout où il reste encore de la place !

Voici la carte de nos 5 coups de coeurjumelée à celle de l'ensemble des tous les événements des Journées européennes du patrimoine.
 


Et voici la sélection des coups de cœur de nos confrères animateurs de France Bleu Paris.

  • Le spectaculaire, avec l'Arc de triomphe

Un peu d'histoire...

Décidé en 1806 par Napoléon sous l’Empire, poursuivi sous la restauration et achevé seulement en 1836 sous la Monarchie de juillet, l’Arc de triomphe ne s’est pas fait en un jour, c’est le moindre que l’on puisse dire.
Les changements de régimes, en ce début du XIXème, n’y sont pas étrangers.
A son origine, il est monument impérial pour célébrer la grande armée.
La Restauration voudra en faire un monument monarchique.
En rendant hommage aux campagnes françaises de 1792 à 1815, c’est finalement une synthèse de ces régimes successifs que le monument une fois terminé, symbolisera, comme le souhaitait le roi des français, Louis-Philippe, soucieux de réaliser la Concorde nationale.
Avec son décor rendant hommage aussi bien à la République, à l’Empire  et à la Restauration, l’Arc de triomphe était-il devenu le symbole d’une nation unie ?
Le catafalque de Victor Hugo à l’Arc de triomphe, place de l’Étoile le 30 mai 1885 Décor et catafalque conçus bénévolement par Charles Garnier. Photographie anonyme, Ville de Paris, d’après Avner Ben-Amos
Le catafalque de Victor Hugo à l’Arc de triomphe, place de l’Étoile le 30 mai 1885 Décor et catafalque conçus bénévolement par Charles Garnier. Photographie anonyme, Ville de Paris, d’après Avner Ben-Amos
Pas forcement, car la récupération républicaine et patriotique enclenchée sous la IIIème république ( catafalque de Victor Hugo, inauguration  de la tombe du Soldat inconnu) va se heurter à la tentation nationaliste des années 30, mais aussi à la présence des nazis pendant la guerre .
La libération et le général de Gaulle vont en quelque sorte clore cette bataille politique autour de l’édifice.  
Aujourd'hui, l’investiture du Président de la République implique un passage obligatoire devant l’Arc de triomphe pour raviver la Flamme de la tombe du Soldat inconnu.
On y célèbre aussi nos victoires actuelles, non plus militaires, mais sportives. L'Arc de triomphe est, plus que jamais, un véritablement symbole de la Nation.


Un petit quiz avant de monter les 286 marches pour accéder au toit de l'Arc de triomphe ?

 
  • Le surprenant, avec le musée SAFRAN

© Safran
© Safran

Autre possibilité, ce week-end…S’envoyer en l’air, en tout bien tout honneur… Bien sur !
Pour cela, direction le musée aéronautique et spatial Safran, à Réau (77), en Seine-et-Marne.
Vous pourrez découvrir une collection de pièces aéronautiques datant de plus de 100 ans et participer aux nombreuses animations proposées comme par exemple vous initier au pilotage sur simulateur, ou encore apprendre à diriger un drône…

des ateliers renversants !

*Possibilité de construire son propre avion en matériaux légers et de le faire voler.
*Apprentissage, de façon ludique, des différentes étapes de la propulsion spatiale (à eau et micro-fusées à poudre). Les fusées seront tirées depuis le parking du Musée (Altitude moyenne : 10m).   Activité proposée dès 8 ans.

Un programme riche, varié, et gratuit !


 

  • Le pittoresque, avec un escape game au Pavillon Vendôme de Clichy pour remonter le temps... l’espace d’un moment ! 

Jolie proposition de la ville de Clichy pour les journées du patrimoine. 
Un voyage qui vous transportera au XVIIIe siècle.
En 1703 exactement !
Pour vivre cette expérience temporelle, c’est simple.
Les participants auront pour mission d’aider Françoise Moreau, propriétaire du Pavillon Vendôme, à retrouver son précieux et inestimable diamant rouge. Il faudra impérativement le retrouver en moins de 45 minutes sous peine de rester bloqué au XVIIIe siècle à jamais !
L’animation est gratuite et se déroulera samedi et dimanche, à raison de huit sessions par jour, avec une vingtaine de participants à chaque fois.

Une occasion unique de découvrir, de façon ludique, cette maison qui fut construite par le banquier parisien, Jean Delaunay, entre 1670 et 1693.
Peu de temps après sa construction, en 1697 pour être exact, la demeure est rachetée par Françoise Moreau, une comédienne qui faisait partie de l’Académie royale de musique. C'est son amant, le prince  Philippe de Vendôme qui aménage la maison entre 1699 et 1702. Certes de lignée "illégitime", Philippe de Vendôme est néanmoins le petit-fils du duc de Vendôme, fils (illégitime) d’Henri IV. A cette époque, il est alors Grand Prieur de France de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Outre son investissement financier, le prince  laissa à cette maison son nom : le pavillon Vendôme 

Vendue en 1720 au prince Conti Louis Armand de Bourbon, la résidence devient, après quelques travaux, un luxueux pavillon de chasse. Le Pavillon et ses abords ont été classés au titre des monuments historiques en 1983, et la ville de Clichy l’a acquis en 1989. Son classement au titre des monuments historiques porte sur les façades et toitures, le salon d’honneur, l’escalier d’honneur, la cour et son portail monumental.
Philippe de Vendôme et Françoise Moreau
Philippe de Vendôme et Françoise Moreau

l’écrin d'amour de Fanchon et Philippe

Françoise Moreau, dite Fanchon, était un personnage fort connu. Elle passait pour être une des plus belles femmes de son temps. En 1683, à l’âge de 15 ans, elle débute comme danseuse et tragédienne, dans l’opéra Phaéton.
Lors d'une représentation, Le prince Philippe de Vendôme  en devint follement amoureux.

Elle fut sa maîtresse en titre pendant vingt ans. Revirement de situation en 1702, apparemment sur ordre du roi, la belle Françoise Moreau fut enfermée dans un couvent, ce qui convenait bien peu à son ardente nature. Elle a tout quitté, la scène, son amant Vendôme… et en 1705 elle est sortie pour épouser le Marquis de Villiers.
 
Gratuit dans la limite des places disponibles. Inscription auprès de l’office de Tourisme, 7, rue du Landy, ouvert du lundi au samedi de 9 heures à 18 heures. Tél. 01 47 15 31 61

 

  • L'original, avec la découverte de l'histoire et les secrets du métro

© RATP
© RATP
Comme chaque année  à​​​​​​ l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la RATP ouvre ses portes et invite le grand public à découvrir ses coulisses, afin de mieux comprendre le fonctionnement quotidien d’un réseau de transports et son évolution. Au menu de cette édition : l'accès au chantier du prolongement de la ligne Aubervilliers et le PCC. Mais tout cela est sur inscription...
Il y a aussi la découverte du patrimoine avec des parcours commentés du métro, des balades en bus de légende, des ateliers en famille... Mais là, il y a beaucoup, beaucoup de monde !
© RATP
© RATP

Alors, si le patrimoine des transports vous intéresse, nous vous proposons plutôt de vous diriger vers une activité un peu moins courue... Regarder des films en redécouvrant l’histoire de la construction du métro et en revivant le quotidien des voyageurs et agents du début du XXeme siècle à travers deux courts métrages historiques.
© Les femmes de l'ombre - JP Salomé (2008)
© Les femmes de l'ombre - JP Salomé (2008)

Pour vous mettre en haleine, saviez-vous qu'il y avait une station de métro uniquement dédiée aux tournages de films ? Visite avec notre spécialiste des transports Bertrand Lambert.
 
le métro fait son cinéma

 

  • L'insolite, avec la découverte de la colonie de Condé-sur-Vesgre

© La colonie
© La colonie
Située idéalement au sein du massif forestier de Rambouillet, la Colonie compte plusieurs bâtiments centenaires. Ils sont dispersés dans un domaine forestier de 35 hectares et jouxte la forêt domaniale de Rambouillet, avec bois et étangs, pelouses, potager et tennis. La nature y est riche en couleurs et la faune présente tout au long des saisons.
C'est notre seul coup de coeur où il faut s'inscrire, c'est vrai ! Mais ça vaut vraiment, vraiment le coup... de coeur ! 
Visite à 10h30 et 15h00.
 

des bâtiments plein de charme

© La colonie
© La colonie

La Colonie compte plusieurs bâtiments, de tailles variées, construits entre 1848 et 1868.
​​​​​​La Grande Maison donne sur une grande pelouse propice aux matches de foot ou à la sieste, et sur les jeux d’enfants.
Cent mètres plus loin se trouvent un tennis, un potager, un verger et un poulailler.
La grande maison, longue de 40 mètres, avec un étage, donne au sud sur une grande pelouse . Sa façade porte des vignes grimpantes et s’orne de la cloche qui sonne pour annoncer chaque repas.
Les pièces communes au rez-de-chaussée s’articulent autour de la grande galerie, où se prennent les repas en commun et dont les murs sont ornés de peintures.
On y trouve aussi les cuisines équipées pour les repas collectifs, une salle à manger d’hiver, une bibliothèque, un salon de musique, un salon de lecture  et l’appartement des gardiens.
Au premier étage, des chambres sont regroupées en appartement de 1 à 3 pièces pour les colons, tandis qu’une demi-douzaine de chambres indépendantes accueillent les amis de passage.
Trois pavillons (un rouge, un blanc, un jaune) comportant au total 12 appartements de 2 à 4 pièces sont destinés aux familles. Ils donnent sur des jardins entourés de haies.
Un hangar abrite les machines agricoles, un aterlier de réparation, un bucher, un ping-pong, un garage à vélos…
Un kiosque d’artiste et diverses cabanes rustiques s’éparpillent au milieu des arbres et des rhododendrons.
 

un domaine de 35 hectares en forêt

© La colonie
© La colonie
 

Encore plus loin, une pièce d’eau accueille en son centre une île reliée à la berge par un petit pont japonais, et en amont, deux longs réservoirs entourés de rhododendrons, qui parfois en hiver servent de patinoire.

Le sol, acide et humide, offre un terrain de prédilection aux chênes, pins et bouleaux qui couvrent 90% de la propriété et sont exploités avec l’aide d’une coopérative forestière. Les plus grands arbres ont souffert de la tempête de décembre 1999 qui a traversé la France, mais un plan de suivi de la régénération naturelle et de replantation a été entrepris pour maintenir la forêt d’agrément propice aux promenades et aux cabanes pour les enfants.
Le domaine est giboyeux et offre de fréquents rencontres avec des biches, cerfs, sangliers, lapins, faisans, etc. Des chasses y sont parfois organisées en semaine ou le samedi matin, en prenant toutes les précautions d’usage.
 

une histoire authentique

© La colonie
© La colonie

Inspirée à ses débuts des théories de Charles Fourier et rare représentante d’un projet de « phalanstère »,
la Colonie a connu diverses métamorphoses et a traversé les siècles.
Elle offre aujourd'hui un cadre d’étude intéressante à tous les férus de l’histoire des premiers socialismes et organise régulièrement des colloques.
 

un mode de vie originale

© La colonie
© La colonie

La Colonie est aujourd'hui essentiellement une maison partagée pendant les week-ends et vacances entre une quinzaine de familles. Son organisation repose sur un modèle éprouvé, où les responsabilités sont partagées, de nombreuses activités faites en commun, et les générations mélangées. Un équilibre a ainsi su être trouvé entre vie commune et vie privée, liens familiaux et amicaux.


une implantation à 50 minutes de Paris 


La Colonie se trouve entre les communes de Saint-Léger en Yvelines et de Condé-sur-Vesgre, dans les Yvelines, en bordure du département de l’Eure (cf. plan d’accès). Depuis Paris, l’autoroute A13, puis A12, puis la RN12 couvrent 80% du trajet, le reste s’effectuant en traversant la forêt. Il faut moins d’une heure pour rejoindre la Porte d’Auteuil.
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