Paris, Muséum d'histoire naturelle, la galerie de paléontologie : fossiles, vous avez dit fossiles ?

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Née sous l'impulsion d'Albert Gaudry en 1885 la galerie de paléontholgie rassemble l’ensemble des collections de fossiles dispersées au sein du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris. Mais au fait, un fossile c'est quoi ?

Par France Montagne

  • Qu’est-ce qu’un fossile ?

Un fossile est une ancienne trace de vie. En fonction des conditions, tout peut se fossiliser : une plume, un os, une coquille ou encore une feuille. Les fossiles sont aussi bien les restes et les empreintes des organismes que les traces de leurs activités.
La fossilisation est un processus rare, lent et qui requiert des conditions particulières. Il faut d’abord que l’organisme soit rapidement enfoui après sa mort pour ne pas être désagrégé. Peu à peu, les sédiments qui entourent et comblent l’organisme se compactent pour former une roche, pouvant ainsi être à l’origine des moulages internes de coquilles, d’ammonites par exemple. Les parties les plus dures d’un organisme, comme le squelette des animaux ou le tronc de plantes, peuvent subir un remplacement de composition minérale.
Malgré tout, il existe une grande variété de types de fossiles, correspondant à autant de modes de conservation différents : animaux piégés dans l’ambre, bois pétrifiés, moulages naturels de coquilles dissoutes… et même des coprolites, déjections fossilisées !

Fossiles

  • Pourquoi y a-t-il des fossiles de différentes couleurs ?

Les restes osseux et dentaires subissent un certain nombre d’altérations en fonction de la nature du sol où ils sont enfouis, de la végétation et du climat. La couleur est généralement liée aux éléments chimiques présents dans les sédiments et qui ont été incorporés dans la structure minérale du fossile. Un fossile de couleur rouge indique une incorporation de fer, un os noir est très riche en manganèse. La température influence la coloration des fossiles : ils deviennent sombres quand elle augmente. L’absence d’oxygène dans le milieu d’enfouissement peut aussi être à l’origine d’une coloration noire.

  • Comment date-t-on les fossiles ?

Deux grandes méthodes permettent de dater les fossiles. La datation relative se base sur la succession des couches géologiques qui les renferment, selon les grands principes de la géologie, dont celui de superposition : les couches les plus anciennes (et leurs fossiles) se sont déposées en premier et sont donc situées plus en profondeur. Parmi les fossiles, certains ne sont connus que dans certaines périodes des temps géologiques : ce sont les fossiles stratigraphiques, comme les différentes espèces d’ammonites. La seconde méthode est la datation absolue, qui repose sur des analyses radiométriques, dont la plus célèbre est la datation au carbone 14, qui ne fonctionne que sur des objets datés de moins de 50 000 ans. Pour les objets plus anciens, dont la plupart des fossiles, on utilise d’autres isotopes naturellement radioactifs, tels que rubidium, strontium, potassium ou argon. Dans tous les cas, la technique se base sur l’analyse de la vitesse de désintégration des molécules radioactives : elle permet de dater un fossile avec précision.

  • Où trouve-t-on des fossiles en France ?

On trouve des fossiles dans de très nombreuses localités en France. Parmi les régions propices à la découverte de fossiles aquatiques, on citera les Bassins parisien et aquitain qui ont été immergés dans des mers peu profondes et des lacs pendant plusieurs millions d’années.
Le sud de la France est quant à lui propice à la découverte de dinosaures : on compte quatre cents sites, dont certains font partie des plus riches au monde. À Angeac-Charente, un site découvert en 2010, on a retrouvé le plus grand fémur de sauropode (quadrupède herbivore) du monde, qui appartenait à un animal d’environ 40 mètres de long. En Provence et dans le Languedoc, on a découvert de gros carnivores de 7 à 8 mètres de long (Arcovenator escotae) vieux de 72 millions d’années, un dinosaure géant pouvant atteindre 12 mètres de long (Atsinganosaurus velauciensis), ainsi que des iguanodons et le premier représentant des raptors. Sur la plage aux Ptérosaures, un site de fouille dans le Lot, ou encore dans le Jura, ce sont de nombreuses empreintes datant de 150 millions d’années qui ont été mises au jour.

La paléontologie : la science des fossiles

La paléontologie est la science qui étudie les formes de vie du passé qui nous sont données à voir à travers les fossiles. En 1822, Henri Marie Ducrotay de Blainville (1777-1850), adversaire de Cuvier, forge ce nom pour désigner l’étude des êtres anciens. À partir des éléments fossiles trouvés lors de fouilles, les paléontologues tentent de déterminer l’époque à laquelle les organismes ont vécu et de reconstituer les êtres vivants tels qu’ils étaient, leur environnement, leur mode de vie, etc.
Cuvier (pour l’étude des vertébrés), Alcide d’Orbigny (pour l’étude des autres groupes d’animaux et les microfossiles) et Adolphe Brongniart (1801-1876) (pour l’étude des végétaux) figurent comme les précurseurs de cette science. Il faut cependant attendre 1853 pour que soit créée au Muséum la chaire de paléontologie et 1879 pour que soit constitué un fonds de paléontologie à partir du transfert des spécimens d’anatomie comparée. Aujourd’hui, avec la systématique (science des classifications), l’anatomie comparée, la biologie et l’anthropologie, la paléontologie retrace l’histoire évolutive de la vie sur Terre.Qu’est-ce que la paléontologie ?
La paléontologie est la science qui étudie les formes de vie du passé qui nous sont données à voir à travers les fossiles. En 1822, Henri Marie Ducrotay de Blainville (1777-1850), adversaire de Cuvier, forge ce nom pour désigner l’étude des êtres anciens. À partir des éléments fossiles trouvés lors de fouilles, les paléontologues tentent de déterminer l’époque à laquelle les organismes ont vécu et de reconstituer les êtres vivants tels qu’ils étaient, leur environnement, leur mode de vie, etc.
Cuvier (pour l’étude des vertébrés), Alcide d’Orbigny (pour l’étude des autres groupes d’animaux et les microfossiles) et Adolphe Brongniart (1801-1876) (pour l’étude des végétaux) figurent comme les précurseurs de cette science. Il faut cependant attendre 1853 pour que soit créée au Muséum la chaire de paléontologie et 1879 pour que soit constitué un fonds de paléontologie à partir du transfert des spécimens d’anatomie comparée. Aujourd’hui, avec la systématique (science des classifications), l’anatomie comparée, la biologie et l’anthropologie, la paléontologie retrace l’histoire évolutive de la vie sur Terre.

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