Affaire Estelle Mouzin : Michel Fourniret entendu ce mardi et mercredi après les révélations de Monique Olivier

La juge d'instruction se donne deux jours pour faire avouer à Michel Fourniret le lieu où il aurait caché le corps de la victime.
 
La tâche s'annonce complexe. L'homme de 78 ans tient un discours très énigmatique et souffre de sénilité précoce.
La tâche s'annonce complexe. L'homme de 78 ans tient un discours très énigmatique et souffre de sénilité précoce. © YVES BOUCAU/EPA/MaxPPP
Michel Fourniret va-t-il révéler ses secrets ? "L’Ogre des Ardennes" est entendu depuis ce mardi matin par la juge d’instruction Sabine Khéris, en charge de l’enquête sur l’affaire Estelle Mouzin. La semaine dernière, l’ex-femme du tueur en série l'avait accusé d’avoir enlevé, séquestré, violé et étranglé la petite fille de 9 ans disparue le 9 janvier 2003. La juge s’est donnée deux jours pour faire passer aux aveux Michel Fourniret. L’enjeu principal pour Sabine Khéris reste de faire dire au mis en cause le lieu où il a pu cacher le corps de la jeune victime. "Le but, c’est que l’on retrouve le corps, c’est l’enjeu primordial. Qu’on aille au bout de cette histoire et qu’on puisse enfin donner une sépulture à Estelle Mouzin", explique Didier Seban, l’avocat du père de la victime.

L'appel à la prudence des avocats de Michel Fourniret

Les défenseurs de Michel Fourniret appellent pourtant à la méfiance et au calme. "Les informations diffusées dans la presse à notre grande surprise doivent être abordées avec prudence et les plus grandes précautions pour le respect de la présomption d’innocence", a déclaré Maître Vincent Nioré aux côtés de son confère Cédric Labrousse au tribunal de Paris peu avant l’audition de leur client.

Pour rappel, dans ses déclarations devant la juge d’instruction la semaine dernière, Monique Olivier avait accusé son ex-époux du meurtre d’Estelle Mouzin le 9 janvier 2003. Selon elle, Michel Fourniret aurait tué la jeune fille dans la maison de sa sœur, à Ville-sur-Lumes (Ardennes). Elle a avoué que son mari était rentré au domicile conjugal le 10 janvier, vers quatre heures du matin avec des vêtements tachés et recouverts de terre.

"Nous disions depuis 15 ans que la piste principale menait au couple Fourniret/Olivier. Nous ne sommes pas étonnés".

Didier Seban, avocat d'Eric Mouzin

À ces éléments, s’ajoute une preuve matérielle importante. L’ADN partiel d’Estelle Mouzin a été identifié sur un matelas saisi en 2003 dans la demeure désignée par Monique Olivier. Pour l’avocat d’Eric Mouzin, l’enquête va enfin dans le sens de leurs demandes : "Nous disions depuis 15 ans que la piste principale menait au couple Fourniret/Olivier. Nous ne sommes pas étonnés. C’est une piste qui permet de se rapprocher de la vérité".

La famille réclame de nouvelles fouilles

Michel Fourniret n’a pourtant jamais avoué le meurtre de la fillette, et s’est toujours exprimé à travers un langage particulièrement énigmatique. En mars dernier, il avait affirmé : "Je reconnais là un être qui n’est plus là par ma faute", devant la juge d’instruction. Sabine Khéris se donne alors deux jours d’interrogatoire pour pousser le tueur en série à révéler ses secrets. Une tache d’autant plus complexe que "l’Ogre des Ardennes" souffre de problèmes de mémoire et de sénilité précoce.

En plus de cet interrogatoire, le père d’Estelle Mouzin réclame de nouvelles fouilles sur les lieux anciennement fréquentés par Michel Fourniret. Selon Didier Seban, l’affaire revêt aussi un autre enjeu : "On doit en tirer les conclusions qui s’imposent en notion d’enquête sur les tueurs en série. Ce que cette affaire démontre, c’est que l’on ne sait pas mener une enquête sur les tueurs en série en France".
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