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Affaire Méric : une vidéo montre que Clément aurait provoqué le groupe de Skinhead

Les militants du Collectif Antifasciste Paris Banlieue, dont faisait partie Clément Méric, lui ont rendu hommage à l'endroit où il est tombé, rue Caumartin (Paris IXe), près des grands magasins, / © PHOTOPQR/LE PARISIEN
Les militants du Collectif Antifasciste Paris Banlieue, dont faisait partie Clément Méric, lui ont rendu hommage à l'endroit où il est tombé, rue Caumartin (Paris IXe), près des grands magasins, / © PHOTOPQR/LE PARISIEN

Une caméra de la RATP a filmé la bagarre survenue entre militants antifascistes et skinheads rue Caumartin, à Paris, et qui avait coûté la vie à Clément Méric. Sur les images, on verrait le jeune "antifa" frapper dans le dos le principal suspect qui aurait répliqué par un coup de poing fatal.

Par Olivier Couvreur

Ce sont des images que le juge d'instruction en charge de l'enquête suite à la mort de Clément Méric, survenue le 5 juin dernier après une rixe entre militants antifascites et skinheads, va analyser avec précaution. Mais à première vue, elles livrent une version assez différente de celle fournie par les camarades de Clément présents au moment du drame. Sur les bandes de la RATP, issues d'une caméra de surveillance située en face du lieu de l'agression, sur un des murs de la station Havre-Caumartin du RER E, et selon RTL qui a dévoilé l'information ce matin, on découvre un Clément Méric agresseur et non agressé. C'est lui qui se serait précipité et aurait porté, dans le dos, le premier coup à un skinhead, en l'occurence Esteban Morillo, principal suspect jusqu'à présent. Ce coup, Clément Méric l'aurait porté à la tête du skinhead, qui se serait retourné pour lui asséner un coup de poing en pleine face. Une coup fatal au jeune militant antifasciste.

Clément Méric n'a pas été lynché


 Alors que pendant trois semaine on pensait qu'aucun vidéo ne pourrait aider les enquêteurs, la radio précise que 'les experts de la police technique et scientifique ont travaillé pendant plusieurs jours sur ces images pour les faire parler et qu'elles permettent de se faire une idée précise de la scène, jusqu'alors uniquement racontée par des témoins". Selon RTL, "l'image ne permet pas de dire de façon formelle si Esteban Morillo donne un deuxième coup, ni s'il a ou non un poing américain. Le militant d'extrême-gauche, en tout cas, tombe immédiatement au sol, inconscient. Il n'est pas lynché une fois par terre."

Mais la PJ qui possède la bande depuis le lendemain de l'agression, n'est pas d'accord avec les informations révélées par RTL. Selon le quotidien Libération, le journaliste de RTL qui a eu accès à la bande n’a pas précisé que la vidéo «ne montre [des images] que 20 cm au-dessus du sol, c’est-à-dire les jambes des personnes». Les protagonistes sont donc reconnus à leurs «chaussures claires» pour Clément Méric, et aux «godillots» pour Esteban M.

«La PJ ne comprend pas comment RTL peut laisser entendre que Méric déclencherait l’agression sur  [Esteban M.], lequel riposterait», rapporte le quotidien sur son site. «Qu’est-ce que cela changerait si Méric assénait un coup dans le dos à [son agresseur] au cours de la bagarre? Les échanges de coups ne sont niés par personne, ni côté extrême gauche ni côté extrême droite», souligne un policier auprès du journal.

LePoint.fr relaie le témoignage d'un vigile interrogé par la police, Ce dernier a affirmé à l'hebdomadaire que «Clément Méric voulait vraiment en découdre. Il semblait vraiment haïr ces gens». Qui a raison ? Qui a tort ? Qui a vraiment été l'agresseur initial ? Les prochains jours devraient permettre d'en savoir un peu plus. Quoiqu'il en soit, cette vidéo a une importance très grande dans le dossier. Elle permettrait de requalifier les charges qui sont retenues sur l'auteur du (des ?) coup(s) porté(s) au jeune militant antifasciste le 5 juin dernier et qui ont provoqué sa mort.

Samedi 8 juin, rappelons que le procureur de Paris François Molins avait annoncé, au cours d'une conférence de presse, que le décès de Clément Méric était bien dû "aux coups reçus au visage et non à la chute". Une information judiciaire pour "homicide volontaire" visant le principal suspect avait alors été ouverte.

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