Arc de Triomphe vandalisé : des Gilets jaunes devant les juges

Dix personnes sont jugées à partir d’aujourd’hui à Paris pour le saccage de l'Arc de Triomphe lors d'une manifestation de Gilets jaunes le 1er décembre 2018. Les principaux responsables des dégradations n’ont jamais été identifiés.

Place de l'Etoile le 1er décembre 2018
Place de l'Etoile le 1er décembre 2018 © YOAN VALAT/EPA/Newscom/MaxPPP

Les faits remontent au 1er décembre 2018 lors de l’Acte III des Gilets jaunes, une manifestation particulièrement violente dans la capitale : près d'une centaine de véhicules sont incendiés, des façades brûlées, des vitrines brisées et des commerces pillés.

"Les Gilets jaunes triompheront"

En début d’après-midi, les manifestants s’en prennent à l'Arc de Triomphe, place de l’Etoile à Paris. Certains entonnent La Marseillaise autour de la flamme du soldat inconnu, d'autres piochent sur la place de l'Etoile les morceaux de pavés qui serviront de munitions face aux forces de l'ordre. Des manifestants parviennent à pénétrer à l'intérieur du monument historique, saccagent les lieux, pillent la boutique de souvenirs, accèdent au sommet pour se prendre en photo au-dessus de Paris, gilet jaune sur le dos. Des tags anti-Emmanuel Macron recouvrent les piliers du monument.

Les images de "la prise" de l'Arc de Triomphe font le tour des réseaux sociaux et des médias internationaux.

Bilan du saccage : un million d'euros de dégâts et cinq oeuvres d'art endommagées.

 "10 petits poissons devant les juges"

Plus de 400 personnes ont été interpellées à Paris lors de cet acte III des Gilets jaunes. Si les enquêteurs estiment que le saccage de l'Arc de Triomphe a été le fait d'un "grand nombre d'individus", ils ne sont qu'une dizaine devant le tribunal aujourd’hui, poursuivis pour "dégradations aggravées et vols par effraction".  Des manifestants ont tenté de fracturer une porte à coups d'extincteur, endommagé une statue, ou encore volé près de 300 cartes postales. Une jeune femme a ramassé une tour Eiffel miniature, un manifestant de 40 ans lié à l'ultra-droite comparaît pour un tag sur l'Arc.

Les personnes poursuivies n'ont pas de casier judiciaire et viennent de différents départements français. Mais le ministère public le reconnaît : "les principaux instigateurs, voire les principaux auteurs des faits", (n'ont) pas pu être identifiés".

"C'est le procès des petits poissons, les gros poissons ne sont pas là", résume Véronique Massi, avocate de l'un des prévenus. Son client, 26 ans à l'époque, soutient comme beaucoup d'autres qu'il n'a fait que se "réfugier" à l'intérieur du monument quand les policiers ont chargé.

Noémie Saidi-Cottier défend deux jeunes qui avaient passé quelques semaines en détention provisoire. "On a un peu le sentiment qu'ils payaient pour les autres, pour tout ce qu'il s'était passé, qu'il fallait des coupables absolument", dit-elle.

Dans la grande salle d'audience du tribunal judiciaire de Paris, sept hommes étaient présents ce lundi. Deux femmes étaient absentes à l'audience mais représentées par un avocat. Le cas d'un autre prévenu a été disjoint.

Le tribunal a commencé par longuement retracer le déroulement de ce 1er décembre 2018, lors de cette première journée d'audience. Le procès doit se poursuivre jusqu'à vendredi.

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