Pour les associations, les modifications du projet de rénovation de la gare du Nord ne sont pas satisfaisantes

Alors que la SNCF et la mairie de Paris ont annoncé un accord sur le projet de rénovation de la gare du Nord, des associations d'usagers des transports et de riverains dénoncent son manque de clarté et de concertation.
La gare du Nord, le 1er avril 2020. Image d'illustration
La gare du Nord, le 1er avril 2020. Image d'illustration © FRANCK FIFE / AFP
"Nous pensons que la philosophie du projet n’a pas changé. L'allongement des trajets pour les voyageurs des grandes lignes est toujours une réalité". Michel Babut est membre du comité de suivi et vice-président de l'Association des usagers des transports (AUT). Selon lui, les modifications au projet annoncées ce lundi par la Ville de Paris et la société StatioNord (regroupant la SNCF et Ceetrus, filiale du groupe Auchan) ne satisfont pas les usagers des transports dans cette gare parisienne où circule chaque jour plus de 700 000 voyageurs.

"Ce projet va ramener encore davantage de flux dans l'angle sud-est de la gare qui est déjà extrêmement chargé, puisque c'est là que débouchent le métro et le RER", explique Michel Babut. Par ailleurs, plusieurs points de cet accord ne nous satisfont pas, continue-t-il. "Il est annoncé la mise en place d'un dépose-minute pour les taxis et les VTC en souterrain. Ce dépose-minute sera installé au niveau -2 de la gare c’est-à-dire à l’opposé du départ des grandes lignes. Cela pose un problème et en particulier pour les handicapés". "Pour accéder aux quais, il va falloir remonter pour ensuite redescendre. Le temps de trajet sera rallongé et la circulation ne sera pas aisée pour les personnes à mobilité réduite".
 
De son côté, Serge Rémy, de l'association de riverains "Retrouvons le Nord de la Gare du Nord" ne se satisfait pas de ces annonces et déplore une décision qui a été prise sans concertation avec les partenaires concernés : ni les syndicats, ni les associations, ni les riverains n'ont été entendus, explique-t-il. L'association "Retrouvons le Nord de la Gare du Nord" reste opposée aux grandes orientations du projet et a décidé de maintenir son recours déposé auprès de la cour administrative d'appel. "Nous considérons que ce projet ne satisfait pas l'intérêt général mais que c'est un projet commercial" conclut-il.

Un projet qui manque de clarté

"On nous annonce des améliorations de circulation verticale", explique Michel Babut, c'est à dire "qu'il y aurait plus d'escalators entre les niveaux RER, métro et train mais pour l’instant nous n’avons absolument pas de détails". "Pour les voyageurs qui utilisent les transports au quotidien, ça n'améliorera pas leur circulation dans la gare et pour les voyageurs grandes lignes, ça les compliquera", résume le vice-président de l'Association des usagers des transports (AUT).

Le discours est différent pour la directrice générale de SNCF Gares & Connexion, Marlène Dolveck, "aucun voyageur du quotidien ne verra son temps de parcours augmenter" grâce à des liaisons directes. Pour les initiateurs du projet, la base en reste inchangée : un terminal consacré aux départs des grandes lignes doit être installé dans la nouvelle aile, tandis que le bâtiment historique sera réservé aux arrivées.

La présidente de l'autorité régionale des transports, Valérie Pécresse favorable à ce projet, souhaite que les engagements pour des temps de parcours simplifiés pour les Franciliens soient tenus : "Ile-de-France Mobilités restera très vigilante sur le respect des engagements pris par la SNCF et Ceetrus concernant les temps de parcours simplifiés pour les voyageurs du quotidien et le phasage des travaux" pour éviter de trop perturber la circulation des trains, a réagi Valérie Pécresse.

Une inauguration reportée à 2025

Le nouveau calendrier de chantier prévoit de commencer par l'amélioration d'ici à 2022 des liens avec le RER, puis la reconfiguration du terminal Eurostar avant la Coupe du monde de rugby en septembre 2023, et la livraison du nouveau terminal des départs pour juin 2024, juste à temps pour les Jeux olympiques. Mais les travaux ne seront pas finis, l'inauguration de l'ensemble étant désormais annoncée en 2025. Les promoteurs du projet vont maintenant devoir déposer une demande de permis de construire modificatif, auquel la municipalité ne devrait plus s'opposer. "Tout au long du chantier, la concertation se poursuivra et nous resterons vigilants sur le respect des engagements pris et les attentes des riverains", a déjà prévenu Anne Hidalgo dans un tweet.
 
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