Attentats du 13-Novembre : cinq ans après, un hommage sur les réseaux sociaux en raison du Covid-19

Les cérémonies en hommage aux victimes du 13-Novembre se déroulent dans un contexte très particulier en raison de l'épidémie de Covid-19. Seuls les officiels peuvent participer aux commémorations filmées et retransmises sur les réseaux sociaux.
Le Premier ministre Jean Castex et la maire de Paris, Anne Hidalgo, lors de la cérémonie d'hommage aux victimes du 13-Novembre devant le Bataclan.
Le Premier ministre Jean Castex et la maire de Paris, Anne Hidalgo, lors de la cérémonie d'hommage aux victimes du 13-Novembre devant le Bataclan. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP / POOL
Le 13 novembre 2015, soir sanglant en région parisienne où des attentats commis par plusieurs équipes de djihadistes font 130 morts et 350 blessés : aux abords du Stade de France, sur des terrasses de la capitale et au Bataclan.

Pour se souvenir de ces victimes, chaque année, des commémorations ont lieu et rassemblent en particulier les survivants. Pas lors de ce cinquième triste anniversaire en raison de l'épidémie de Covid-19.

"Je comprends parfaitement qu'elles soient annulées à cause du contexte sanitaire mais cela va être difficile pour moi et sans doute pour d'autres victimes de ne pas pouvoir se rendre sur les lieux des différents attentats. D'autant que 5 ans, c'est symbolique. C'est le bon moment pour avancer et là, je me sens un peu arrêté dans mon élan. Mais on ne peut pas en vouloir à quiconque à part à la Covid. Le jour même, je pense que l'on va tous se retrouver un peu seules, nous les victimes. Cela va être un peu compliqué", expliquait Christophe Naudin, auteur du Journal d'un rescapé du Bataclan.  

Cérémonies retransmises sur les réseaux sociaux

Face à cette situation, l'association Life for Paris qui organise normalement des commémorations, a décidé de diffuser "la retransmission vidéo de l'hommage filmé par la Mairie de Paris devant les différents lieux, où nous serons représentés par notre Président".

Les comptes twitter de mairie de Paris, sous le hashtag #FluctuatNecMergitur (la devise de la Ville, "battu par les flots, mais ne sombre pas"), ont diffusé de larges extraits de recueillement dans les différents lieux où se sont produits ces attentats, d'abord à Saint-Denis, où trois kamikazes s'étaient fait exploser tuant un homme âgé de 63 ans.

Ensuite sur les différentes terrasses parisiennes. Trois djihadistes qui circulaient en voiture mitraillaient les passants dans les Xe et XIe arrondissements. 39 personnes avaient été tuées.
Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Sophie. (@soparra)

Enfin, un hommage devant le Bataclan où le groupe de rock californien Eagles of Death Metal se produisait devant 1 500 fans. Sur Instagram, une rescapée a publié la photo du concert accompagné d'un message intitulé "Je me souviens" dont voici un extrait :
"Je me souviens la douleur, cette douleur qui encore me réveille parfois la nuit.
Je me souviens la peur, le besoin de me cacher de leurs yeux coûte que coûte.
Je me souviens le pire."


Cruelle ironie, le groupe joue le morceau "Kiss the devil" ("Embrasse le diable") lorsqu'un commando a fait irruption dans la salle de concerts, à 21h40, et a commencé à tirer. Le carnage a fait 90 morts.
 

"N'oublions jamais. Jamais"

Parmi les images largement partagées : une montrant des portraits de chaque victime. Reprises par des médias, des politiques ou des associations ou simplement des anonymes. Une femme qui dit avoir été présente à ce moment au Stade de France a publié cette photo accompagnée du commentaire "Déjà 5 ans. Et c’est comme si c’était hier. Je n’oublierai jamais, et je n’étais qu’au stade de France. N’oublions jamais. Jamais."
 
Une vidéo a aussi été ressortie de la mémoire de Twitter. On y voit un petit garçon sur les genoux de son père lors du rassemblement historique sur la place de la République. Il raconte sa compréhension des événements : "Les méchants, c'est pas très gentils les méchants", dit-il ainsi.
 
Enfin, moins relayée mais tout autant marquante. Cette photo d'un panneau d'information de la mairie de Paris qui diffusait ce message le 13 novembre 2015 : "Fusillades Paris. Nous vous invitons à rester chez vous en attendant les instructions des autorités".
 
Des souvenirs que tous espèrent appartenir au passé mais que les récents attentats, en particulier contre l'enseignant Samuel Paty, sont venues raviver.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
attentats de paris faits divers terrorisme hommage société histoire