Le camp de migrants de La Chapelle à Paris évacué

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L'évacuation de campements de près d'un millier de migrants installés depuis plusieurs semaines porte de La Chapelle, dans le nord de Paris, a débuté mardi  9 mai,peu après 06H00.

Plusieurs centaines d'Afghans et de Soudanais vivaient depuis des semaines sur ces campements, à quelques dizaines de mètres du centre de premier accueil pour migrants, devenu depuis la destruction du camp de Grande-Synthe (Nord) le principal dispositif de transit en France. Ils avaient installé leurs tentes entre les voies de circulation, dans des conditions sanitaires et de sécurité dégradées.



Dès 05H30, ce mardi 9 mai, une foule d'hommes s'est massée sur le terre-plein. Trois heures plus tard, les migrants attendent leur tour pour monter dans les bus. Des cafés leur sont distribués pour les faire patienter, sous haute protection policière. Certains portent une valise, d'autres n'ont qu'un sac de couchage. L'un agite un drapeau tricolore. Ils ne savent pas très bien ou ils vont. "On part à la police?", s'inquiète un Iranien arrivé la veille à Paris.


1300 à 1400 personnes


A 09H10, "1.214" personnes avaient été évacuées, indique la préfecture d'Ile-de-France, qui estimait à "1.600" le nombre total de pris en charge. Quelque 75 personnes sont qualifiées de "vulnérables", dont "29 femmes seules et 22 mineurs isolés". L'opération doit se terminer vers 10H00.

La circulation automobile a été coupée sur le carrefour permettant d'accéder au boulevard périphérique et à l'autoroute A1 pour permettre l'évacuation des tentes installées entre les différentes voies d'accès à la capitale.


Forte tension entre populations différentes


Outre les conditions sanitaires très dégradées, avec des tentes installées entre les multiples voies de l'autoroute A1 et du périphérique, la tension inquiétait aussi les pouvoirs publics du fait des rivalités entre Afghans et Soudanais, notamment pour entrer au centre de préaccueil. Une rixe brutale en pleine nuit avait fait plusieurs blessés légers mi-avril.


"On a voulu accélérer la procédure parce qu'il y avait des campements assez importants qui devenaient extrêmement dangereux autour de la porte de la Chapelle", explique la ministre du logement Emmanuelle Cosse. "Mais, avec les élections on n'avait pas les forces de police disponibles et il fallait attendre que l'on ait les places suffisantes en hébergement pour lancer l'opération".
Un campement d'environ 200 personnes avait déjà été évacué à cet endroit le 9 mars.