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Paris : quand la régie publicitaire de la RATP censure les affiches des chasseurs dans le métro

La station Saint-Augustin sur la ligne 9 du métro parisien (illustration). / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
La station Saint-Augustin sur la ligne 9 du métro parisien (illustration). / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Alors que la Fédération des chasseurs vient de lancer une campagne de promotion polémique, affirmant que ses adhérents seraient les « premiers écologistes de France », la régie publicitaire de la RATP a fait modifier les affiches. C’est loin d’être une première dans le métro.

Par Pierre De Baudouin

"Les chasseurs, premiers écologistes de France" ou "Les chasseurs, premiers écologistes de France ?" Posée comme ça, la différence peut sembler anodine, et pourtant la modification a son importance dans les couloirs et les stations de métro.

Contrairement aux messages affichés en province - à l'exception de certains transports à Toulouse et Marseille -, les pubs payées par la Fédération des chasseurs affichent un point d’interrogation dans les sous-sols de capitale. Une modification imposée par la régie de la RATP, Médiatransports, selon nos confrères du Parisien.
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Une pub basée sur un sondage des Grandes Gueules

La régie de la RATP a en fait pris la décision de faire modifier les affiches, suite aux recommandations de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).

L’institution, sceptique quant à l’affirmation formulée dans la pub, est en effet consultée systématiquement par Médiatransports pour les campagnes de communication évoquant les thèmes de l'environnement et le développement durable ; et ce, depuis la signature d’une charte spécifique avec le ministère de l'Écologie en 2008.

Et c’est donc l'ARPP – jugeant le slogan trop peu étayé par des preuves – qui a pris contact avec l’annonceur pour modifier les publicités diffusées dans le métro. Les chasseurs, qui ont basé leur campagne de « premiers écologistes de France » sur un sondage réalisé auprès des auditeurs du talk-show Les Grandes Gueules sur RMC, ont en réaction dénoncé « un excès de prudence », pour reprendre les mots du président de leur Fédération, Guy Harlé d’Ophove.

Ce n’est évidemment pas la première fois que des campagnes de communication se retrouvent censurées – modifiées, voire même interdites –, par la régie de la RATP. Retour sur trois polémiques récentes.

En 2015, la polémique autour des « Chrétiens d’Orient »

Le groupe Les Prêtres voit 250 affiches pour l’un de leurs concerts refusées par la régie publicitaire à cause d'une mention « au bénéfice des chrétiens d'Orient », population réprimée par le groupe Etat Islamique ; une censure justifiée par le « principe de neutralité du service public ». Pour calmer la polémique, la RATP finit par proposer une nouvelle campagne, remplaçant l’expression « Chrétiens d’Orient » par « L’Œuvre d’Orient ».

En 2012, Stéphane Guillon et Nicolas Sarkozy

D’abord affichée dans un premier temps, une campagne de pub faisant la promo d’un spectacle de l’humoriste Stéphane Guillon est vite retirée : le slogan « En 2012, Stéphane Guillon s’en va aussi », référence à la fin de mandat du président Sarkozy, ne passe pas. L’explication : la RATP doit « s’abstenir de toute communication à caractère politique ».

En 2012, la cigarette du film Gainsbourg, vie héroïque

Sur l’affiche, Eric Elmosnino, l’acteur principal du long-métrage de Joann Sfar, respire une bouffée de fumée, sans pour autant que l'on puisse voir une cigarette à son bec. La RATP y voit une pub déguisée en faveur du tabac, et décide de censurer le visuel. La campagne de promotion sera relancée plus tard dans le métro, mais modifiée, sans la bouffée de fumée.

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