Le Cirque de Pékin défie l’apesanteur avec "Le Roi des Singes" sous le chapiteau du Cirque Phénix

Toujours plus fort et toujours plus haut, les étoiles du Cirque de Pékin défient les lois de l’équilibre et bravent l’apesanteur dans Le Roi des Singes : un spectacle à couper le souffle, présenté par le Cirque Phénix sur la pelouse de Reuilly dans le 12ème arrondissement de Paris.
Le Cirque de Pékin, sous le chapiteau du Cirque Phénix, à Paris.
Le Cirque de Pékin, sous le chapiteau du Cirque Phénix, à Paris. © France 3 Paris IDF
La scène est à couper le souffle ! Lorsque nous arrivons, ce mardi matin, sous le chapiteau du Cirque Phénix installé sur la pelouse de Reuilly, dans le 12ème arrondissement de Paris, les acrobates du Cirque de Pékin sont en répétition.

Et quelle démonstration de force et de puissance ! Deux porteurs soulèvent à la force de la nuque, une malle qui pèse 200 kilos, sur laquelle deux équilibristes évoluent sur une perche, à environ six mètres de hauteur.

« Ça tire fort et ça fait mal au cou, nous explique Jia Wen et Yi Lin, les deux porteurs âgés de 20 et 21 ans. Surtout lorsque les acrobates, perchés là-haut, bougent pour trouver leur équilibre. On commence toujours par se chauffer au sol, ensuite on porte la malle et après les équilibristes. »

Des numéros extraordinaires comme celui-ci, les étoiles chinoises en réalisent plusieurs dans le spectacle Le Roi des Singes. Pendant les répétitions, chaque numéro est donc travaillé longuement et patiemment. Les artistes, environ une quarantaine alternent et se partagent la piste de 400 mètres carrés qui sert de salle d’entraînement.

Le plus grand chapiteau du monde

Des conditions de travail plutôt idéales. Le chapiteau du Cirque Phénix est en effet le plus grand du monde, sans poteaux. Il permet aux spectateurs de bénéficier d’une vue sans gêne et donne aux  artistes, un espace suffisamment haut et large pour effectuer leurs exploits.

Alain Pacherie, le directeur du Cirque Phénix connaît bien le cirque chinois. Il travaille avec les artistes depuis près de 15 ans et c'est lui qui a eu l'idée de créer ce label de qualité appelé les « étoiles du Cirque de Pékin ». C’est le huitième spectacle qu’il crée et met en scène, toujours avec la même admiration. 

« Il existe 120 écoles professionnelles de cirque en Chine, soit l’équivalent de 18.000 artistes, donc oui, c’est une valeur inépuisable, nous explique-t-il. En plus, les artistes chinois sont formés depuis leur plus jeune âge à plusieurs disciplines. Un jongleur est également acrobate et danseur ou équilibriste. Ça permet une créativité dans les spectacles. On peut imaginer plusieurs tableaux d’ensemble avec les mêmes artistes. »

« L'équilibre sur la tête, c'est pire »

D’après les récits et les estampes d’époque, l’acrobatie serait née en Chine 5.000 ans avant Jésus-Christ. Une véritable tradition populaire qui se perpétue aujourd’hui en culture de l’effort et de l’exploit.

Les artistes commencent jeunes, vers 4 ou 5 ans, et travaillent près de 8 heures par jour comme de véritables sportifs de haut niveau. Le jeune Tian Yuan en est un parfait exemple. A tout juste 20 ans, il détient un record du monde inscrit au Guinness Book pour son numéro ahurissant d’équilibre sur la tête.

« Si les porteurs bougent, ça déséquilibre tout, et la haut, pour moi sur la tête, c’est pire, » explique le jeune homme. Imaginez une structure en métal composée de 12 plots de hauteurs différentes qui vont du plus petit au plus grand. La structure est soutenue par des porteurs, eux-mêmes en équilibre sur les épaules d’autres porteurs. »

Tian Yuan joue le rôle principal du roi singe dans le spectacle : « Sur la tête, c'est beaucoup plus difficile que l’équilibre sur les mains. Ça tire sur tous les muscles. Le plus compliqué, c’est de passer d’un plot à l’autre sur la tête. Et en plus, je suis en hauteur ».
 

Un record du monde      

Sa présence est très importante. Il intervient dans d’autres numéros virtuoses comme celui des cerceaux, acrobatiques et de haut vol. Pour lui comme pour les autres artistes, une blessure est toujours possible. Alors pour éviter les déconvenues, chaque leader dispose d’une doublure.

Hang Ping Wu est le directeur de la troupe du Cirque de Pékin. Pour lui, avoir des remplaçants, c’est une garantie :

Vous avez raison, les blessures, ça arrive. Mais ça ne change rien pour le spectateur car il y a deux, voire trois artistes capables de faire les numéros. Si on remplaçait Tian, il ne ferait pas exactement la même chose, mais ça irait.

Très physique, le spectacle Le Roi des Singes est également esthétique. Les « étoiles du Cirque de Pékin » sont en démonstration sous le chapiteau du Cirque Phénix jusqu’au 20 janvier 2019. Un fort et beau spectacle à voir en famille.

►Le Roi des Singes, Cirque de Pékin, jusqu’au 20 janvier 2019 sous le chapiteau du Cirque Phénix. Pelouse de Reuilly, Paris 12ème.
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