Comment les hôpitaux parisiens sont organisés face au nouveau coronavirus chinois ?

Alors que deux cas ont été confirmés à Paris, les hôpitaux franciliens se disent préparés face à l’arrivée du virus chinois 2019-nCoV. En cas de symptômes, il est conseillé de contacter le 15, mais il ne faut surtout pas se déplacer aux urgences.

Le Service des Maladies Infectieuses et Tropicales (SMIT) de l’hôpital Bichat, ce samedi 25 janvier, où sont pris en charge deux cas du nouveau coronavirus chinois.
Le Service des Maladies Infectieuses et Tropicales (SMIT) de l’hôpital Bichat, ce samedi 25 janvier, où sont pris en charge deux cas du nouveau coronavirus chinois. © ALAIN JOCARD / AFP
Trois cas de coronavirus, les premiers recensés officiellement en Europe, ont été confirmés vendredi en France. Alors que deux d’entre eux ont été pris en charge en Île-de-France (l'autre étant situé à Bordeaux), comment les hôpitaux parisiens sont organisés face au virus chinois ?

Dans la capitale, les cas identifiés pour ce genre d’infections sont dirigés dans les services d’infectiologie des établissements de santé de référence : les hôpitaux Bichat, Pitié et Necker. Les deux premiers comptent respectivement sept chambres d’isolement dédiées, et des dizaines d’autres places peuvent aussi être mobilisées en région parisienne. Les cas identifiés à Paris ont ainsi été placés en isolement à l'hôpital Bichat pour être soignés, même s’il n’existe encore pas de vaccin contre le 2019-nCoV. Il s'agit d'un homme âgé de 31 ans et une femme âgée de 30 ans, un couple originaire de Wuhan - la ville chinoise où l'épidémie est apparue en décembre - d'après le professeur Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses. Ils sont arrivés en France le 18 janvier et ont été transportés à l'hôpital Bichat vendredi par le Samu présentant "de la fièvre et des signes respiratoires".

Les deux patients "vont très bien"

D’après la ministre de la Santé Agnès Buzyn, la période d'incubation était probablement « autour de 7 jours, entre 2 et 12 jours ». Les deux patients « vont très bien » et leur état ne présente « pas de signes de gravité », a indiqué samedi le Pr Yazdanpanah. La femme n'avait plus de symptômes fiévreux samedi et l'homme présentait "une fièvre un peu fluctuante".

La ministre de la Santé a d’ailleurs indiqué que « pour les voyageurs qui rentrent de Chine, il est important de se surveiller, et au moindre signe respiratoire ou si on a de la fièvre, il ne faut pas aller aux urgences, il faut appeler le centre 15 qui vient chercher le patient ». Les personnes avec qui les patients positifs au coronavirus ont été en contact doivent, elles, « prendre leur température plusieurs fois par jour, contacter le centre 15 en cas de symptôme et rester chez eux pour l'instant pour éviter tout contact ultérieur qui favoriserait la propagation du virus », toujours selon la ministre. Fièvre, fatigue, frissons, courbatures, maux de tête, gêne respiratoire… Les symptômes du coronavirus sont très semblables à ceux de la grippe. En cas de doutes sérieux, il est conseillé d’appeler le 15 afin de déterminer s’il s’agit, ou non, d’un cas possible. Au contraire, il est déconseillé de se déplacer aux urgences, pour éviter tout risque de contamination.

"La probabilité d'une épidémie en France est extrêmement faible"

En Chine, le pays d’origine de l’épidémie, on comptait samedi 1 300 cas de contamination dont 41 mortels. Interrogé ce samedi sur d'autres cas potentiels, le professeur Pierre Carli, chef du Samu de Paris, a précisé qu'"il y a des patients en détection", sans donner de chiffre. Il a toutefois précisé que le Samu parisien avait reçu "une trentaine d'appels" de "personnes inquiètes" depuis 24 heures dont "95 %" ont pu être écartés "par une simple conversation avec le médecin régulateur". Interrogé sur d'autres cas possibles, le Pr Yazdanpanah, également directeur de l'institut d'infectiologie de l'Inserm et expert auprès de l'OMS, a souligné que "on va avoir des patients suspects, il va y avoir des cas". Il a toutefois estimé que "la probabilité d'une épidémie en France est extrêmement faible parce qu'on a un dispositif" pour diagnostiquer et prendre en charge rapidement les malades.
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