Coronavirus : les bars et restaurants parisiens pourraient collecter les coordonnées des clients

La mesure pourrait permettre de retrouver plus facilement les personnes qui ont été en contact avec un patient atteint par le virus au cours d'une sortie au restaurant ou dans un bar.

Le dispositif est appliqué en Allemagne, et est obligatoire pour tous les professionnels de la restauration
Le dispositif est appliqué en Allemagne, et est obligatoire pour tous les professionnels de la restauration © Gao Jing / Xinhua News Agency/Newscom/MaxPPP
"Je vais refermer si ça continue. C'est bien gentil mais plus ça va, plus c'est compliqué de travailler", se plaint un cafetier parisien. La perspective de devoir noter les informations personnelles des clients pour lutter contre l'épidémie de coronavirus ne plaît pas à tous les restaurateurs et propriétaires de bar. La décision pourrait pourtant être prise par la mairie de Paris dans les prochains jours. L'idée : les clients qui se rendent dans un établissement pour prendre un repas ou boire un coup, rempliront une fiche de renseignements où ils mentionnent leurs prénoms, noms, mails et heures d'arrivée. Si l'un d'entre eux présente les symptômes du coronavirus, tous doivent pouvoir être prévenus facilement et invités à passer les tests de dépistage de la maladie.

La mairie de Paris souhaite mettre en place la mesure. Mais cette dernière ne satisfait pas les restaurateurs. Tenir un registre avec les coordonnées des clients devrait leur rajouter une charge de travail supplémentaire. "On n'a pas de rôle de police à jouer, commente un responsable de bar dans la capitale. On a assez de travail à faire comme ça en ce qui concerne la bonne tenue de nos clients, pour ne pas avoir à fliquer les gens".

"Un restaurant, un bar, un café, c'est fait pour être convivial, pour que ce soit la fête, pas pour se sentir tracé. Ça va être très mal perçu par les gens"

Un patron de bar à Paris


La mesure viendrait alors s'ajouter à l'obligation de porter le masque dans les espaces clos. Une décision déjà difficile à faire appliquer pour certains. "On a du mal à faire comprendre qu'on n'est pas responsables du protocole hygiénique et du fait que le masque est obligatoire. Les gens, quand on leur demande de mettre un masque, ils nous le reprochent à nous". Les restaurateurs et cafetiers craignent alors les réactions de la clientèle. "Les gens vont refuser de remplir ces fiches. Un restaurant, un bar, un café, c'est fait pour être convivial, pour que ce soit la fête, pas pour se sentir tracé. Ça va être très mal perçu par les gens".

Seuls les volontaires seront concernés

Une appréhension partagée par le responsable d'un établissement du Vème arrondissement pour qui la fréquentation des bars et restaurants pourrait chuter : "Je ne sais pas comment les gens vont réagir. Ce qui m'inquiète, c'est de voir si les clients vont avoir envie de venir avec cette décision. Donner des informations personnelles quand on sort, c'est compliqué. Cela peut gêner". La mesure pourrait néanmoins concerner seulement les commerces volontaires. Et seuls les clients qui souhaitent remplir la fiche d'informations. "Il y a des clients qui vont refuser mais c'est très important. S'il faut le faire, on va quand même leur demander", concède un patron.

En Île-de-France, le dispositif a été lancé dans la commune de Montereau-Fault-Yonne. Les touristes qui souhaitent profiter de la piscine municipale doivent laisser leurs informations personnelles dans une fiche de renseignements. En cas de détection d'un cas de Covid-19, les personnes qui se sont rendus à la piscine au même moment de la journée sont informées, et sont invitées à passer les tests de dépistage. Et la mesure existe également en Allemagne dans plusieurs régions. Mais avec une particularité, remplir la fiche est obligatoire. Quant aux informations collectées, elles sont effacées au bout d'un mois.

"Ça a un intérêt sanitaire, ça a un intérêt économique, et ça a aussi un intérêt pour chacun de protéger les plus fragiles"

Anne Souyris, adjoint à la santé

"Tout le monde a intérêt à ce qu'il n'y ait pas de confinement, à ce que l'économie reparte, justifiait Anne Souyris, adjoint à la santé de la mairie de Paris, le 30 juillet au micro de France 2. Ça a un intérêt sanitaire, ça a un intérêt économique, et ça a aussi un intérêt pour chacun de protéger les plus fragiles". La mairie pourrait donc mettre en place le dispositif très prochainement.

Une mesure couplée à l'imposition du port du masque à l'extérieur dans certains lieux très fréquentées de la capitale.
 
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