Interdiction des terrasses chauffées : 30% de perte de chiffre d'affaires pour les restaurateurs

Ce lundi, le Conseil de défense écologique a annoncé l'interdiction des terrasses chauffées. Une nouvelle qui suscite la crainte et la colère des restaurateurs, déjà touchés durement par l'épidémie de coronavirus.

13 500 établissements parisiens disposeraient de terrasses chauffées.
13 500 établissements parisiens disposeraient de terrasses chauffées. © PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP
Boire son café ou son chocolat-chaud en terrasse en hiver, une habitude qui devrait bientôt être proscrite. Ce lundi 27 juillet, la ministre de la Transition écologique a annoncé l’intention du gouvernement d’interdire les bars et restaurants de chauffer leurs terrasses. “On ne peut pas climatiser la rue en plein été lorsqu’il fait 30 degrés et on ne peut pas non plus chauffer à plein régime des terrasses en plein hiver lorsqu’il fait 0 degré pour le simple plaisir de boire son café en terrasse en ayant chaud”, a affirmé Barbara Pompili à la sortie du dernier conseil de défense écologique à l’Elysée. Le gouvernement compte donc mettre fin à des pratiques qui "constituent des aberrations écologiques" selon les termes de la ministre. Pour autant, un délai sera accordé aux restaurateurs, déjà durement touchés par l’épidémie du coronavirus. Les mesures seront rendues obligatoires à la fin de l’hiver prochain. "Pour éviter que cela pèse trop fortement sur eux dans un premier temps", a ajouté Barbara Pompili.

110 000 vols Paris-NewYork

Une décision poussée par l’impact environnemental des terrasses chauffées. 12 500 établissements disposeraient d’une terrasse chauffée rien qu’à Paris. Selon une étude de NegaWatt publiée le 3 janvier dernier, ces quelques 12 500 terrasses représenteraient 110 000 vols Paris-New York en termes d’empreinte énergétique, soit 110 000 tonnes de CO2.

En France, plusieurs villes avaient déjà décidé d’interdire aux propriétaires de bars et de restaurants de chauffer leurs terrasses en hiver. C’est le cas de Rennes (Ille-et-Vilaine). Jusque-là, Paris se refusait à légiférer sur le sujet.

La colère des commerçants

"On trouve que ce n’est ni le moment ni la bonne méthode pour commencer à imposer ce type de décision. On n’est même pas encore sorti du COVID, qu’il faut déjà mettre une autre contrainte sur le dos des restaurateurs", expliquait hier soir dans le 19/20 de France 3 Paris Île-de-France, David Zenouda, représentant de l’Union des Métiers et Industries de l’Hôtellerie (UMIH) à Paris.

Les terrasses représenteraient 30% du chiffre d’affaires des bars et restaurants parisiens. "Ce n’est pas qu’un café que les clients boivent en terrasse. C’est un plat, une entrée, un dessert, parfois du vin. C’est du chiffre d’affaires pour les établissements qui, cette année, sont en manque de chiffre d’affaires", juge David Zenouda. Les terrasses sont notamment le lieu de refuge des fumeurs, depuis la loi de 2008 leur interdisant de fumer dans les lieux publics. 82% d'entre eux disent fumer en terrasse en hiver. L’UMIH a alors demandé l’ouverture de négociations avec le gouvernement. "On veut du temps pour la concertation. On est là pour trouver des solutions", affirme le représentant de l’organisation, conscient tout de même des efforts à faire : "On a tous cette conscience. Mais il faut plus nous aider que nous contraindre".
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