"Des droits pour tous" : plusieurs dizaines de personnes occupent un bâtiment dans le IXe arrondissement

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emmanuèle Bailly avec AFP

Des locaux inoccupés dans le IXe arrondissement ont été investis lundi 18 avril en milieu d'après-midi par plusieurs dizaines de sans-papiers et leurs soutiens. Ce lieu a vocation à être "l'ambassade des immigrés", explique un collectif.

À l'origine de cette mobilisation, le collectif La Chapelle debout qui vient en aide aux sans-papiers et réclame des droits et des logements dignes pour tous.

Lundi après-midi, les migrants et militants soutenant les sans-papiers sont entrés dans ces anciens bureaux de la rue Saulnier, vides depuis trois ans. Ils ont occupé les étages et déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire "Non au racisme ! Egalité" ou encore "Migrants' life matter". Dehors, une vingtaine de militants d'Extinction Rebellion étaient venus les soutenir.

Abouakar (prénom d'emprunt), 36 ans, originaire de Mauritanie, sans-papiers en France depuis trois ans, explique à l'AFP combien "c'est dur" d'être "dans la rue", "sans travail", dans la "débrouille". "Soutenez notre lutte !", lance-t-il.

Un jeune éthiopien de 27 ans témoigne : "toute ma famille a été tuée en Ethiopie". Il "veut une vie normale, une vie digne pour pouvoir travailler", explique-t-il.

Ce lieu a vocation à être "l'ambassade des immigrés",  explique Nestor (prénom d'emprunt), membre du collectif La Chapelle debout. "L'idée est que les gens à la rue puissent avoir un toit sur la tête et qu'ils s'organisent", afin d'obtenir des droits, dit-il, regrettant les années "perdues" dans "des procédures qui n'aboutissent pas".

"La preuve par l'Ukraine !"

Les membres du collectif pointent l'effort considérable qui a été mis en place en France pour accueillir les Ukrainiens contraints de quitter leur pays en guerre. "En tant que collectif qui lutte pour les papiers et les logements pour tous, on est très heureux que les Ukrainiens reçoivent ça. On dit même "la preuve par l'Ukraine !".

"C'est possible en deux semaines de mettre tout un système d'hébergement, de donner des papiers à tout le monde, de donner des transports gratuits pour tout le monde", ajoute Nestor. "On espère que ça va ouvrir la porte" à tous, a-t-il affirmé, rappelant le cas de Somaliens, Erythréens, Ethiopiens, "qui ont fui des conflits" ou "des famines".

Quelques membres des forces de l'ordre, venus peu après l'arrivée des militants, ont observé l'occupation depuis la rue. En juillet 2019, plusieurs centaines de sans-papiers et leurs soutiens avaient brièvement occupé le Panthéon à Paris pour réclamer leur régularisation, à l'initiative notamment de ce même collectif.