Des vitraux "du 21e siècle" pour Notre-Dame de Paris : "Ça n'a pas d'intérêt"

A un an de la réouverture de la cathédrale, Emmanuel Macron a annoncé la création de vitraux contemporains, à la place d’œuvres dessinées par l’architecte Viollet-le-Duc au 19e siècle. Une pétition en ligne s’oppose à ce changement.

Ils seront censés porter "la marque du XXIe siècle". Un an jour pour jour avant la réouverture prévue de Notre-Dame, Emmanuel Macron a annoncé vendredi sur France 2 que de nouveaux vitraux seraient réalisés pour la cathédrale, suite à l'incendie de 2019.

Alors que Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, avait confirmé au président de la République son "souhait" de voir l'Etat commander "une série de six vitraux pour les chapelles latérales sud de la nef", Emmanuel Macron a indiqué vendredi y "souscrire pleinement". "C'est avec mon plein accord que nous allons lancer un concours qui permettra aux artistes contemporains de soumettre, sur la base d'une commande qui va être passée, une œuvre figurative", a expliqué le chef de l’Etat.

Selon le président, "le siècle qui est le nôtre aura sa place au milieu de plusieurs autres qui figurent dans les œuvres de cette cathédrale". Emmanuel Macron a précisé que les anciens vitraux, "qui datent de Viollet-le-Duc", "seront déposés" et "prendront eux place dans un musée de l'œuvre de Notre-Dame de Paris", "dans les locaux de l'Hôtel-Dieu".

Des vitraux "dessinés par Viollet-le-Duc et créés par de très bons verriers de l’époque"

Suite à cette annonce, une pétition - qui réunit plus de 6 000 signatures ce mardi - appelle à conserver les anciens vitraux. Le remplacement de ces œuvres "n'a pas d'intérêt", explique l’auteur de la pétition, Didier Rykner, à France 3 Paris Île-de-France.

Alors que les nouveaux vitraux annoncés par Emmanuel Macron "sont censés 'marquer le 21 e siècle'", Didier Rykner déclare qu’"au 21e siècle, la cathédrale a été marquée par l’incendie, c’est ce qu’il ne faut pas oublier". "Un incendie qui est dû à une somme de négligences liées à l’Etat français. Peut-être faut-il un peu de modestie dans tout cela", affirme-t-il.

"Faire des vitraux contemporains dans un édifice ancien comme la cathédrale, je suis assez favorable à cela, poursuit le journaliste, directeur de La Tribune de l’art. Mais pas 'à la place de'. Ces vitraux ont été dessinés par Viollet-le-Duc et créés par de très bons verriers de l’époque, comme un ensemble qui a un sens pour la lumière et l’architecture. Ils n’ont pas été détruits par l’incendie."

"Les mettre ailleurs n’a pas de sens"

Didier Rykner met en avant l’"intérêt artistique in situ" des anciens vitraux, "qui datent d’un siècle et demi". "Les mettre ailleurs n’a pas de sens", répète-t-il. "Viollet-le-Duc a voulu rendre à la cathédrale son aspect médiéval. Un aspect médiéval réinventé, mais avec un certain respect pour l’art médiéval. Ce sont des vitraux décoratifs… Il faut se battre pour les conserver dans la cathédrale", argumente-t-il. 

"Il est impossible de mettre six énormes vitraux, qui n'ont pas d’intérêt en dehors de la cathédrale, dans un musée au détriment des œuvres qu’on pourrait y présenter", ajoute le journaliste.

Didier Rykner propose d’ailleurs une alternative. "Dans la tour nord, il y a des baies - des fenêtres - sans vitraux, avec juste du verre blanc. On pourrait très bien créer quelques vitraux contemporains en hommage aux pompiers, au sauvetage de la cathédrale, et sans abîmer l'œuvre de Viollet-le-Duc. C’est une solution de bon sens", défend-il.

Contacté, l’Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris n’a pas répondu à ce stade à nos questions.

Avec Abdel Joudi et Guillaume Le Gouic.

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