Embellir Paris :  la ville revient sur les projets de végétalisation des quartiers

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Fini les bacs à fleurs au pied des arbres et le jardinage à sa guise dans l’espace public. Cible de nombreuses critiques et délaissé par les parisiens, le permis de végétaliser s’arrête. La mairie de Paris annonce la création de bandes végétalisées ou encore le retour de la bonne vieille grille Davioud.

 "Nous n'aurons plus de fosses d'arbre à Paris (...) parce que ce n'est pas satisfaisant sur le plan esthétique" et que "cela pose d'énormes problèmes d'entretien."

Lors d’une conférence de presse, ce mardi, Emmanuel Grégoire, premier adjoint (PS) à la maire de Paris a dévoilé un plan d’embellissement de la capitale. Parmi les mesures prises, il a définitivement enterré le permis de végétaliser.

Le permis de végétaliser aux oubliettes

Aménagements en bois approximatifs, mal entretenus ou laissés à l’abandon, ces îlots de terres au pied des arbres étaient souvent livrés aux dégradations. Après 7 ans d’existence, l’expérimentation n’a donc convaincu ni les Parisiens ni les élus. Elle fut souvent décriée par le collectif Saccage Paris. Relayée au printemps 2021 sur les réseaux sociaux, la grogne s’est depuis transformée en mouvement citoyen.

De son côté, Christine Nedelec, présidente de l’association France Nature Environnement Paris l’a déjà constaté dans les rues de la capitale. “Le permis de végétaliser n’est plus un sujet, ce qu’il en reste ce sont des choses acceptables. Un énorme travail a été fait par les équipes du Service des parcs de jardins juste avant la présentation du Manifeste notamment.”

Plus on débitumera, mieux ce sera 

Christine Nedelec, présidente de France Nature Environnement Paris

Christine Nedelec poursuit : "Emmanuel Grégoire a affirmé que certains aménagements seraient conservés dans les cas où nous avons des liens avec des associations qui font de la végétalisation de pieds d'arbres qui sont très satisfaisants, mais il y en a peu".

Des bandes de végétalisation continues

La mairie de Paris propose deux solutions. La première consiste à créer des bandes de végétalisation continues. L’initiative est saluée par la responsable associative : “C’est très bien pour la nature et pour la ville. Plus on débitumera mieux ce sera.” Elle ajoute : “il faut aller plus loin en appliquant certains principes - on ne construit pas sur les parcs par exemple - et en ne détruisant pas l’existant. Certains aménagements provoquent des pertes irréparables sur la végétation. Parfois on dégrade au lieu d’améliorer ce qui est déjà là.”

Christine Nedelec souligne également la question de l’entretien de ces parcelles. “On peut faire des annonces mais s’il n’y a pas les gens derrières pour le faire.” Elle pointe le manque de moyens avec des services municipaux en sous-effectifs et du matériel parfois insuffisant. Elle veut alerter aussi sur l’hyperdensification de la ville. Les nouvelles constructions empiètent et grignotent toujours un peu plus les espaces naturels.

Retour à la traditionnelle grille Davioud

La deuxième solution présentée par Emmanuel Grégoire, c’est le retour de la grille en fonte destinée à encercler le pied des arbres. Créée en 1859 sous le Second Empire par l’architecte Gabriel Davioud, elle semble avoir fait ses preuves. Là encore, Christine Nedelec souligne les bienfaits de ce dispositif : “les grilles cela permet de ne pas abîmer les racines. Des voitures ou des vélos roulent dessus, alors des champignons s’infiltrent dans les arbres et menacent leur santé. Sans compter les déjections canines ou humaines qui ne sont pas très bonnes pour eux non plus.” Reste “un problème de circulation d’eau à Paris. Avec les constructions de parking en sous-sol, les arbres en surface crèvent de soif !”, estime-t-elle.

Selon Emmanuel Grégoire "cette stratégie de reprise des pieds d'arbres” a un coût estimé à 12,5 millions d'euros répartis sur les trois prochaines années.