Épisode de froid : les maraudes de la Protection civile se multiplient à Paris

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Épisode de froid : les maraudes de la Protection civile se multiplient à Paris. Un reportage de Valentine Ponsy, Norbert Cohen et Isabelle Audin / J. Fagot. ©France 3 Paris Île-de-France

Cette météo fragilise évidemment les sans-abris. Le plan "Grand froid" a été activé pour débloquer davantage de places d'hébergement d'urgence. Les maraudes se multiplient, nous avons suivi les bénévoles de la Protection civile hier soir dans les rues de la capitale.

"Bonsoir à tous, la VL [véhicule léger, ndlr] Paris 13 prend l'écoute, quitte son local et débute sa maraude. Bonne soirée à tous." Il est vingt heures, la nuit est déjà glaciale. Pauline, Alice et Maxime sont bénévoles à la Protection civile du 13e arrondissement de Paris. Ils partent à la rencontre de celles et ceux qui dorment encore dehors.

"Quand il fait très froid comme ça, il y a parfois moins de monde dans la rue, parce qu'ils ont plutôt tendance à plus s'abriter dans des endroits qui vont être moins accessibles pour nous", témoigne Maxime au volant du véhicule. Avant de partir, ils ont pu récupérer un peu de nourriture.

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"Merci beaucoup, c'est très gentil !" Une commerçante leur donne régulièrement les invendus. Des sandwichs, des viennoiseries et des pâtisseries, de quoi améliorer un quotidien difficile. "Il est vrai que c'est extrêmement important pour nous parce qu'on a très peu de denrées alimentaires à distribuer, regrette Pauline. On a surtout des produits d'hygiène. Il est très compliqué d'obtenir des denrées alimentaires variées."

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C'est extrêmement important pour nous parce qu'on a très peu de denrées alimentaires à distribuer

Pauline

Bénévole à la Protection civile Paris 13

Sur la route, ces bénévoles veillent sur les plus fragiles, comme un homme qui s'est abrité dans le local d'entrée d'une agence bancaire. Alcoolisé et blessé, les bénévoles préviennent les secours. "Je vous appelle pour un sans-abri qui est mal-en-point dans la Société générale."

Alors que les pompiers arrivent, la Protection civile repart. Dans la rue, il y a aussi des visages familiers. "Comment allez-vous Dominique ?", demande l'une des bénévoles. "Ça va, à part qu'il fait un peu frais", rétorque-t-il.

Dominique connaît la rue depuis plusieurs années et ne souhaite plus aller dans les hébergements d'urgence. "J'ai tout fais moi. Le 115, tout ça... J'ai fait le tour de Paris ! Et alors ? Je suis bien dehors."

Insécurité et manque de place dans les hébergements d'urgence

"Les trois quarts des personnes sans-abri que nous rencontrons nous disent avoir déjà essayé les centres d'hébergement d'urgence et ne veulent pas y retourner, essentiellement à cause de la sécurité, explique Pauline. Il y a des vols et l'hygiène n'est pas forcément au rendez-vous, donc ils préfèrent malheureusement rester dans la rue."

Il y a des vols et l'hygiène n'est pas forcément au rendez-vous, donc ils préfèrent rester dans la rue

Pauline

Bénévole à la Protection civile Paris 13

Or, il y a aussi le manque de places, et le 115 saturé. Alors, les bénévoles de la Protection civile apportent un moment de partage aux personnes sans-abri. "Vous avez pu manger ce soir ?", demande Pauline à Dominique. "Oui, j'ai mangé en hamburger... Tu n'as pas des viennoiseries qui traînent ?", lui répond-t-il. "Si ! Ah si !", répondent en cœur les trois bénévoles.

"C'est extrêmement important pour nous ces maraudes. On essaie d'apporter un peu de réconfort aux personnes sans-abri, insiste la bénévole. Il y a un réel besoin de créer avec eux du lien social, de leur apporter une petite joie. Uniquement leur apporter un café, c'est déjà une grande victoire pour nous."

Dans le 13e arrondissement de Paris, cinquante bénévoles restent mobilisés. Avec le plan "Grand froid", les maraudes de la Protection civile devraient être plus nombreuses.