Explosion de la rue de Trévise : des “manquements” de la Ville de Paris et d'une entreprise pointés par des experts

L’explosion rue de Trévise, le 12 janvier dernier. / © CARL LABROSSE / AFP
L’explosion rue de Trévise, le 12 janvier dernier. / © CARL LABROSSE / AFP

Une expertise commandée par des juges d'instruction a établi que le sinistre, survenu en janvier dernier, s'expliquait par la « rupture d'une canalisation de gaz ». Les experts relèvent les « manquements » de la Ville et d'une entreprise de travaux publics.

Par France 3 PIDF / AFP

Le drame avait causé la mort de quatre personnes dont deux pompiers, sans compter 66 blessés. Près d’un an après l’explosion de la rue de Trévise, survenue le 12 janvier dernier, des experts pointent du doigt une « rupture d'une canalisation de gaz » et des « manquements » de la part de la Ville de Paris et d’une entreprise de travaux publics, comme l’a annoncé ce lundi le procureur de Paris Rémy Heitz dans un communiqué.
Ce dernier indique en revanche que « les installations de gaz GRDF desservant l'immeuble n'appellent aucune remarque des experts quant au respect des dispositions réglementaires en vigueur au moment des faits ». Le collège de quatre experts mandatés par les magistrats du pôle accidents collectifs du tribunal de Paris a établi que l'explosion avait été provoquée par « une accumulation de gaz naturel du réseau GRDF, consécutive à la rupture d'une canalisation de gaz, ayant pour cause principale un affaissement du sol sous le trottoir devant le porche de l'immeuble situé 6 rue de Trévise ».

Toujours d’après ce rapport provisoire, remis aux juges le 18 décembre, « si la cause de l'affaissement du trottoir avait été recherchée et si sa réfection avait été correctement réalisée, cette explosion aurait pu être évitée ».

« Des travaux en profondeur s'imposaient »

Or, les services de la voirie de la Ville et l’entreprise pointée du doigt – et dont le nom n'est pas cité par le procureur – « ont considéré que l'affaissement du trottoir devant la porte cochère de l'immeuble était un petit affaissement et l'ont traité en tant que tel ».
« N'ayant pas cherché à en connaître la cause, ils n'ont procédé qu'à des travaux de surface pour rétablir l'horizontalité du trottoir alors que des travaux en profondeur s'imposaient et que l'entreprise avait connaissance d'une canalisation de gaz sous le trottoir à cet emplacement », explique le communiqué. D’après les experts, cet affaissement s'explique en fait « par un écoulement d'eau du fait de la défectuosité d'un collecteur d'eaux usées installé au sous-sol de l'immeuble, constatée par le syndic à la fin de l'année 2015 ».
Les experts ont ainsi aussi pointé « un manque de réactivité » du syndic, qui a pris du retard dans la réalisation des travaux de réfection du collecteur, « intervenus en septembre 2017 » seulement. Ce qui a pu, d’après les experts, « contribuer à la survenance du sinistre ».
 

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