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Femme transgenre frappée lors d'une manifestation à Paris : son agresseur condamné à 10 mois de prison dont 6 ferme

Julia Boyer lors du procès de son agresseur, mercredi 22 mai. / © Amélie Lepage - France 3 Paris - Île-de-France
Julia Boyer lors du procès de son agresseur, mercredi 22 mai. / © Amélie Lepage - France 3 Paris - Île-de-France

La vidéo de son agression avait provoqué une vague d'indignation. Julia, une femme transgenre, avait été frappée alors qu'elle traversait une manifestation pour entrer dans le métro, place de la République. Son agresseur a été condamné à 10 mois de prison, dont 6 ferme.

Par MT avec AFP

Victoire pour Julia Boyer. Son agresseur a été condamné à 10 mois de prison, dont 6 mois ferme, assorti d’une mise à l’épreuve de deux ans pour violences commises en raison de l'identité de genre, ce mercredi 22 mai.
"Ça fera comprendre que les actes homophobes et transphobes sont punis en France", a déclaré la jeune femme selon des propos rapportés par franceinfo. Par ailleurs, elle a estimé qu'il existait "d'autres moyens" que la prison, pour sensibiliser à la question de la transphobie.
 

Coups et humiliation

Les faits remontent au 31 mars dernier. En pleine manifestation contre l'ex-président algérien Adelaziz Bouteflika, Julia tente d'entrer dans une bouche de métro lorsqu'elle est agressée et insultée par plusieurs hommes. L'un d'eux lui assène plusieurs coups au visage, pendant que la foule chante un refrain humiliant.

Filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, la scène provoque l'indignation. La vidéo permet de retrouver l'auteur des coups et Julia dénonce la transphobie dans les médias.
 

Il a reconnu les faits

Placé en détention provisoire, le jeune homme de 23 ans a reconnu être l'auteur des coups et était poursuivi pour "violences commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre", un délit passible de trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

"Ce procès c'est vraiment pour la communauté, pour toutes les personnes qui ont subi ce genre de violences et qui n'ont pas porté plainte ou dont l'agresseur n'a pas été arrêté", expliquait Julia à l'AFP juste avant le procès.

"Il faut faire de ce procès un symbole pour que les gens prennent conscience de ce qu'est la transphobie et changent leur mentalité", avait ajouté son avocat Étienne Deshoulières.
 

"Année noire" pour les personnes LGBT

Le dernier rapport de SOS Homophobie a défini 2018 comme "une année noire" pour les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis, trans) : le nombre d'agressions physiques à leur encontre (231) recensées par l'association a augmenté de 66%.

"Dans l'espace public, les violences les plus fortes sont commises à l'encontre des personnes transgenre", souligne Me Deshoulières. En août, Vanesa Campos, une travailleuse du sexe transgenre, avait été tuée par balle dans le Bois de Boulogne.
 

La jeune femme toujours victime d'insultes

"Mon client a honte, il ne faut pas le punir pour l'exemple", défend l'avocate du prévenu, Mariame Touré. "Il m'a dit qu'il avait été bête et qu'il avait été entraîné par un effet de foule. Il a été touché par l'immense dignité de la victime et il espère qu'elle acceptera ses excuses."

"Devant les policiers, il a assumé et il était visiblement très fier de ce qu'il avait fait", rétorque Julia. A 31 ans, cette vendeuse dans une boutique de luxe a entamé sa transition il y a huit mois. Depuis son agression et malgré les messages de soutien, elle raconte continuer à être la cible d'insultes.
 

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