• SOCIÉTÉ
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SPORT
  • FAITS DIVERS
  • CULTURE

Florence Berthout (LR) : “ Entre Bruno Julliard et Anne Hidalgo, le divorce était déjà consommé depuis longtemps ”

Florence Berthout, présidente du groupe Les Républicains au conseil de Paris. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Florence Berthout, présidente du groupe Les Républicains au conseil de Paris. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Florence Berthout, présidente du groupe LR au conseil de Paris réagit après la démission de Bruno Julliard. Et dit partager les trois quarts des critiques émises par l'ancien bras droit d'Anne Hidalgo. 

Par Aude Blacher

Depuis son élection il y a un an à la tête du groupe LR du Conseil de Paris, Florence Berthout n'a jamais caché ses désaccords avec la politique d'Anne Hidalgo. Pour l'élue, la démission de Bruno Julliard montre que la maire de Paris a cristallisé autour d'elle "beaucoup de déceptions et d'oppositions".  

France 3 Paris Ile-de-France : Êtes-vous surprise par la démission de Bruno Julliard ? 
Florence Berthout : C'est une démission qui couvait depuis de longs mois. Il y avait des éléments du divorce déjà présents. Lorsque je lis l'interview de Bruno Julliard, je me retrouve dans les trois quarts de ses critiques. Cela montre à quel point Anne Hidalgo a cristallisé beaucoup de déceptions et d'oppositions. Ce qu'il dit sur l'exercice du pouvoir extrêmement solitaire, non partagé avec une incapacité à entendre les alertes que doit entendre tout élu local, est intéressant. Évidemment, ces alertes ont été permanentes du côté de l'opposition. Par exemple sur Autolib, sur Vélib, sur la fermeture des voies sur berges, sur les panneaux publicitaires Decaux, sur le marché de Noël de Marcel Campion. Nous avons dit attention, nous sommes en pleine irrégularité, c'est dangereux et cela va coûter des millions d'euros aux parisiens. Les règles de consultation ne sont pas respectées ou dans le cadre de Vélib, elles sont respectées mais prises beaucoup trop vite. Nous avons dénoncé tout cela pendant trois ans et Bruno Julliard nous donne raison en démissionnant.

Selon vous, Bruno Julliard a t'il raison de démissionner ?
F.B : Il nous donne raison sur un mode de gouvernance très autoritaire, autocratique et non partagé de Anne Hidalgo. Sa deuxième critique récurrente, c'est celle des décisions incohérentes d'Anne Hidalgo, à l'emporte-pièce où le paraître l'emporte totalement sur l'agir. Dans son interview, Bruno Julliard cite l'exemple du Pass Navigo. Pendant plusieurs années, y compris lorsqu'elle était adjointe de Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo n'a pas voulu entendre parler de gratuité pour les seniors et les plus petits revenus. Aujourd'hui, elle décide de le faire et ce, sans prévenir aucun de ses adjoints, pas même son premier adjoint Bruno Julliard qui a été mis devant le fait accompli. 

Démissionner 18 mois avant les municipales, ce n'est pas anodin ? 
F.B : Évidemment, ce n'est pas neutre quand le coup le plus rude est porté par son bras droit. Quand c'est l'opposition qui porte les critiques, elles sont caricaturées. Les mêmes choses dites par le premier adjoint n'ont pas du tout la même incidence, c'est certain. Anne Hidalgo passe en force, au sein même de sa majorité et auprès de l'opposition. Concernant les voies sur berges, si Anne Hidalgo avait un peu entendu ce que disaient les arrondissements impactés par le report de circulation, elle aurait décidé de piétonniser autrement, pendant les vacances et les week-ends par exemple. Il y aurait eu au moins 7 mois dans l'année où les voies étaient piétonnisées ce qui aurait permis de tester la création de parkings aux entrées de Paris, des modes de circulations alternatifs. Mais elle n'a pas pris le temps d'accompagner. Là, elle va recliver sur un certain nombre de sujets pour remonter dans les sondages. Alors que sa majorité y est défavorable. 



 

Sur le même sujet

cirque Romanès

Les + Lus