Gay Games : la danse de salon au corps pour une compétition festive

© France 3/JAG
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Parmi les 36 disciplines représentées aux Gay Games 2018, il y a la danse de salon. Une compétition ouverte à tous les couples de danseurs, unisexe ou mixte. Parmi ces danseurs, nous avons rencontré Nils Hartvigson qui a fait le choix d'avoir un partenaire masculin.

Par Jennifer Alberts


Ce qui vous frappe chez Nils, c'est à quel point il est beau... Les traits fins, les yeux verts, les cheveux que l'on imagine avoir été clairs coupés courts avec une petite houpette...Le regard doux et bienveillant. Et il porte encore bien, comme on dit chez moi. A 53 ans, Nils est fin comme un adolescent. Il a une grâce naturelle dans tous ses gestes et le sourire facile

Il nous accueille en nage à notre arrivée au gymnase Japy à Paris où la chaleur est étouffante. Quelques minutes plus tôt, il était encore sur le parquet de la piste de danse en pleine répétition avec son partenaire. Il parle un français impeccable, avec un léger accent et le sourire rivé au visage : "mon petit ami est Français.

Je viens souvent en France et à Paris


Nils danse. Non. Nils ne danse pas. Nils virevolte. Nils glisse. Avec Sacha, son partenaire allemand depuis un an, il tourne sur un tango. Ils portent le même costume noir typique des danseurs de danse de salon.
 
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Ce Danois, prof d'université en cinéma et médias à Copenhague, participe à ses cinquièmes Gay Games. C'est d'ailleurs lors de Gay Games qu'il a découvert la danse de salon : "j'ai toujours beaucoup dansé. Surtout en boîte de nuit ! rit-il. Et je suis allé aux Gay Games à Amsterdam en 98. J'ai assisté aux épreuves de danse comme spectateur. Et quand j'ai vu ça, je me suis dit "wahou!". C'est comme ça que j'ai commencé". Il avait 30 ans.
 

La danse, l'anti-morosité

Pour lui, la musique et a fortiori la danse, ont un pouvoir libérateur sur les corps et les esprits. Et c'est ce qu'il aime : "La danse, c'est une forme de communication. Dans les cours que je donne à Copenhague (Nils enseigne la danse 15 heures par semaine dans une association de danseurs de même sexe, ndlr), parfois je vois des élèves qui sont tristes. Et dès qu'ils entendent la musique et qu'ils commencent à danser, tout de suite ils..." s'arrête-t-il en redressant les épaules un grand sourire aux lèvres.
 

La gagne n'est pas la première motivation

S'il a dansé, et danse encore, avec des femmes, Nils préfère avoir un partenaire masculin. "Techniquement, c'est plus intéressant, explique-t-il. Parfois, je conduis, parfois non. Ce n'est pas possible avec une femme. Et puis

les compétitions de danse pour les couples du même sexe sont plus sympas : même si on aime bien gagner, il y a moins l'esprit de compétition dans les rassemblements unisexes.


Les Gay Games, c'est pour lui l'occasion de retrouver des copains et de montrer que la danse, c'est comme dans la vie : pas forcément un homme et une femme. "Et ce qui est bien ici, c'est qu'il y a tous les âges, tous les niveaux et surtout toutes les corpulences. Dans les concours de couples mixtes, toutes les filles se ressemblent. Elles représentent un idéal mais pas la vraie vie. Pas nous !!"
 
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Comme des danseurs, tout simplement

Quand il entre sur la piste pour le début du concours de la journée, Nils, comme tous les autres danseurs et toutes les autres danseuses, a le regard grave des compétiteurs. Il se met en place avec Sacha, le cou bien droit et les épaules ouvertes. Aux premières mesures de musique, leur visage s'éclaire. Et les voilà partis dans une valse. Ils se déplacent avec une légèreté incroyable. Ils bougent merveilleusement bien. Comme un homme et un homme. Comme des danseurs, tout simplement. 
 
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