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Gay Games : piratage d'images pour fabriquer des fake news en Algérie

Le Stade Charléty accueille les épreuves d'athlétisme des Gay Games Paris 2018. / © Julien Mattia / Le Pictorium / MAXPPP
Le Stade Charléty accueille les épreuves d'athlétisme des Gay Games Paris 2018. / © Julien Mattia / Le Pictorium / MAXPPP

Au milieu d'une requête Google, ressort un papier affirmant que les Algériens sponsorisent sans le savoir les Gay Games Paris 2018. Titre idéologique, assurément mais aussi fake news, avec au surplus une tentative de détournement d'images France télévisions. Explications.

Par Olivier Couvreur

Un papier parmi d'autres. Ils sont nombreux sur les Gay Games Paris 2018. Sauf que voilà, l'information développée sur celui-là est fausse, archi fausse et ressemble comme souvent lorsqu'il s'agit de fake news, à un outil de propagande. Belle "mésinformation" donc, qui pourrait se propager comme une traînée de poudre, force des réseaux sociaux oblige. Bien tenté. Mais non. Contrairement à ce qui est dit sur le site Algérie patriotique - le monde vu d'Algérie, et porté par un tweet, les Algériens ne sponsorisent pas les Gay Games
 

L'auteur, un certain Kamel M, liste les entreprises françaises présentes en Algérie et -oh mon dieu !- osent être partenaires des Gay Games. Sont citées notamment Renault et BNP Paribas. 

il va de soi que le soutien sous quelque forme que ce soit à cet événement international suppose que l’argent des Algériens est compris dans l’apport de la BNP et de Renault aux Gay Games qu’organise la Ville de Paris.

Un peu plus loin, on peut lire que "la question de l’homosexualité est sensible en Algérie". On ne contestera pas ce point (voir plus loin). Mais ce type de papier ne va pas faire avancer les mentalités. Au contraire, surtout quand on découvre en avançant dans le texte que les Algériens pourraient considérer ces Gay Games "comme de l’exhibitionnisme, voire de la provocation".


Ces deux entreprises ne sont pas seules à s'être engagées dans la lutte contre les discriminations et être présentes de l'autre côté de la Méditerranée. Orange, est de ces sociétés qui ne cachent pas leur engagement.
Cette dernière tweetait en mai dernier : "Lesbienne ? Gay ? Bi ? Trans ? Hétéro ? Et alors ? Chez Orange France, seules les compétences comptent"... 

 

Un financement transparent

Pour rappel seul un tiers du budget total est porté par les partenaires privés, le reste étant à la charge des collectivités territoriales et également de l'auto subventionnement des participants qui, contrairement aux Jeux Olympiques, payent leur inscription.
 

Vidéo piratée et détournée

Dans le papier initial se trouvait une vidéo. Elle apparaît encore mais elle est aujourd'hui inaccessible. Et pour cause. Les images de la délégation algérienne


avaient été ralenties pour mieux identifier les 5 athlètes. Oui mais voilà, ces images comme toutes les autres de la cérémonie d'ouverture de cette 10e édition des gay Games Paris 2018, samedi 4 août sont la propriété exclusive de France Télévisions. Et leur utilisation sans accord préalable est du piratage d'autant moins acceptable que le détournement dont elles font l'objet flirte singulièrement avec les théories de la ré-information.
 

En Algérie, l’homosexualité punie d'emprisonnement

Certaines feuilles algériennes ne sont pas les seules à stigmatiser les Jeux de la diversité. Dans un papier, Russia Today France évoque une participation des athlètes algériens aux Gay Games qui divise la toile. Avec plusieurs tweets dénonciateurs à l'appui. On apprend qu' "en Algérie, l’homosexualité est sanctionnée par l'article 338 du Code pénal". Ce dernier stipule que "Tout coupable d’un acte d’homosexualité est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 500 à 2 000 dinars algériens."

Le code pénal algérien parle "d'un acte contre-nature"et renforce les sanctions pénales lourdement si l'un des accusés a eu des relations homosexuelles avec un mineur. 


 

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