Girafes, scènes de chasse, tradition : l'art rupestre s'expose au musée de l'Homme

durée de la vidéo : 00h02mn29s
Girafes, scènes de chasse, tradition : l'art rupestre s'expose au musée de l'Homme - reportage de Norbert Cohen et Isabelle Audin / X.Rousseau ©France 3 PIDF

Une exposition sur les traces des scientifiques qui ont mené de grandes expéditions pour mettre en lumière l'art rupestre est proposée au public du musée de l'Homme à Paris. Une aventure fascinante sur les murs de nos ancêtres.

De Papouasie-Nouvelle-Guinée à l'Afrique saharienne en passant par l'Europe, il y a plus de 40 000 ans, des femmes et des hommes ont laissé leurs traces sur des parois extérieures ou dans des grottes.

Au début du XXe siècle, les savants ont voulu préserver et diffuser ces témoignages du passé pour les rendre universels. "Ils inventent, en quelque sorte, la préhistoire. Leur point c'est d'essayer des techniques pour arriver à relever au mieux les images qu'ils ont sous les yeux", explique Jean-Louis Gorget, commissaire scientifique de l'exposition Préhistomania, visible jusqu'au 20 mai. 

Ces pionniers mi-aventuriers, mi-ethnologues, utilisent des calques pour reproduire les œuvres préhistoriques. Les peintures, elles, sont faites souvent sur place, à l'identique et conservées comme des trésors. "Il y a l'idée que ces images, qui sont des images scientifiques, peuvent aussi être appréhendées comme des images artistiques. On ne consigne que ce qu'on a sous les yeux et en même temps, il y a la beauté de ces relevés qui fait que le public va être émerveillé en les voyant", précise Jean-Louis Gorget.

L'artiste moderne n'a rien inventé

L'art rupestre transcende les barrières de l'espace et du temps. C'est une connexion intime avec nos lointains ancêtres. "On n'est pas sur les balbutiements de la naissance de l'art. Ce sont les plus anciennes traces artistiques, mais, d'un autre côté, elles sont déjà très avancées et ça raconte aussi quelque chose de cette société préhistorique même si, pour la plupart de ces scènes, on ne sait pas vraiment les interpréter", admet Aurélie Clémente Ruiz, directrice du musée de l'Homme.

Pour les artistes contemporains, c'est un choc phénoménal. Cet art venu du fond des âges entre en résonance avec leurs propres créations comme un miroir de leur vision du monde.