Après la chute d'une poutre sur les voies du RER C, trois associations demandent des remboursements

La chute d'une poutre de plusieurs centaines de tonnes près de la gare d'Austerlitz a engendré deux semaines de coupures sur le RER C. Trois associations d'usagers ont demandé des dédommagements Ile-de-France Mobilités, le syndicat des transports régional.

Une poutre de plusieurs centaines de tonnes est tombée sur les voies d'accès principales à la Gare d'Austerlitz.
Une poutre de plusieurs centaines de tonnes est tombée sur les voies d'accès principales à la Gare d'Austerlitz. © SNCF

Avec ses sept branches, le réseau du RER C ressemble à une pieuvre. Et la chute d'une poutre sur les voies près de la gare d'Austerlitz le 1er décembre 2020 a montré une fois de plus à quel point chaque incident pouvait avoir des répercussions sur l'ensemble du réseau, encore plus lorsqu'il se produit au centre.

Trois associations, la FNAUT, Plus de Trains et l'association Circule ont écrit fin décembre à Ile-de-France Mobilités pour leur demander un remboursement des usagers. "Le point de départ a été cette poutre qui est tombée sur les voies. Cela eu des impacts importants avec une coupure sur la partie la plus chargée de la ligne", explique Marc Pélissier, président de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (FNAUT Ile-de-France).

Contrat avec la SNCF

Pour fonder leur demande, les responsables de ces associations s'appuient sur le nouveau contrat entre IDF Mobilités et la SNCF (qui gère le RER C) signé en décembre dernier. Parmi les nombreux points, ce dernier stipule que "lorsque le service ne sera pas réalisé (en cas de suppression de train, par exemple), SNCF Voyageurs rétrocèdera à IDFM les montants financiers correspondants. Transilien s’engage aussi sur des remboursements aux voyageurs en cas de situation inacceptable."

Pour Marc Pélissier, ce nouvel incident "nous a rappelé un autre incident de ce genre qui avait eu lieu en 2018 sur le RER A. Un chantier avait percé le tunnel et occasionné plusieurs jours de coupure de la ligne. Il y avait eu un dédommagement des usagers à ce moment-là".

Mais cette fois-ci, ce responsable craint que le syndicat régional des transports, à cause de sa situation financière délicate (IDF Mobilités a perdu plusieurs milliards d'euros avec la crise de la Covid-19) ne traîne des pieds pour rembourser les usagers impactés.

Démarches compliquées

Si une décision de remboursement venait à être prise, les usagers concernés seraient ceux qui résident à proximité du RER C ainsi que ceux qui peuvent justifier d'un lieu de travail à proximité de cette ligne.

Mais les modalités de remboursement sont un autre sujet de préoccupation de la FNAUT. Car les remboursements ne sont pas automatiques. Si les données récoltées sont anonymisées, le système de dédommagement pourrait être facilité.

"Pour la plupart des abonnés annuels, qui sont prélevés chaque mois, cela pourrait être automatique. Cela fait tout de même 1 million de personnes. Par ailleurs, leur système informatique est obsolète et les sites de dédommagement mis en place étaient buggués et vite saturés", pense M. Pélissier.

Et d'ajouter : "L'autre chose, c'est qu'en demandant aux gens de faire une démarche volontaire, il y a de la perte parce que tous ne la font pas et le dédommagement coûte donc moins cher."

Les associations espèrent une réponse d'Île-de-France Mobilités d'ici à la fin-janvier.

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