L’avènement des tests antigéniques

Réalisables en pharmacie et chez d’autres professionnels de santé, des campagnes de tests massifs sont organisées afin de « soulager » les laboratoires qui réalisent près de deux millions de tests par semaines.
Comme les tests RT-PCR, le prélèvement du test antigénique est fait dans les narines (nasopharyngé), voire la gorge (oropharyngé). Photo Damien MEYER/AFP
Comme les tests RT-PCR, le prélèvement du test antigénique est fait dans les narines (nasopharyngé), voire la gorge (oropharyngé). Photo Damien MEYER/AFP
Plus rapides et plus accessibles – pour des résultats certes un peu moins précis que les « classiques » PCR – les tests dits « antigéniques » trouvent leurs marques.

Ce matin, dans le 9ème arrondissement, des Parisiens faisaient la queue devant la mairie. Ils venaient découvrir ces tests, organisés dans les locaux de la mairie et assurés par le Centre médical Europe. Les résultats sont disponibles en 15 minutes, contre 24 à 48h en laboratoire. Le principe reste cependant le même qu’un test PCR : un prélèvement nasopharyngé, dans le nez. Le dépistage est entièrement pris en charge par l'Assurance maladie.

Les tests antigéniques sont disponibles en pharmacie, chez les généralistes, dans plusieurs mairies de France d’ici quelques jours, ainsi que dans des gares.

Privé et public 

Déjà le 30 septembre dernier, la mairie du VIIème avait ouvert le bal en devenant la première à organiser une campagne massive de tests. L’organisateur : une entreprise privée dont le but est de multiplier les lieux de dépistage rapide afin de permettre une levée du confinement au plus vite. "En faisant des dépistages massifs, il faut, non plus, demander une attestation dans la rue pour dire ‘est-ce que vous allez travailler ou chercher votre enfant’, mais ‘est-ce que vous êtes négatif ?’. Si vous êtes négatif vous pouvez tout rouvrir : les restaurants, les cinémas, la culture… donc c’est le dépistage massif qui va fonctionner", estime Didier Riahi, président de « Juste à temps », dont le crédo est d’instaurer une culture de convivialité permettant d’améliorer l’efficacité collective en entreprise. "Mais en ce qui concerne le dépistage massif : s’il n’y a pas d’entreprises privées qui s’en occupent, avec le concours du ‘public’, ça ne va pas aller vite ", ajoute-t-il.

Cette campagne de tests massifs vise également à "soulager" les laboratoires qui réalisent près de deux millions de tests par semaines. L'arrêté du 26 octobre dernier donne droit aux pharmaciens de réaliser gratuitement, et sans ordonnance, les tests antigéniques sur les patients âgés de moins de 65 ans et sans facteurs de risques. "Nous avons les tests depuis une semaine et nous en faisons, à peu près, une vingtaine par jour (…) c’est un service qui plait", a affirmé un titulaire d’une pharmacie de l’avenue de Suffren, dans le VIIe arrondissement de Paris, contacté par France 3 Paris Ile-de-France. "En termes de sensibilité à ces tests, on a eu plusieurs 'positifs' (…) on est dans le ratio de positifs par rapport au niveau national que les tests PCR. Et les médecins viennent s’en procurer chez nous, preuve que ça marche plutôt bien".

Les pharmacies, pas toutes équipées

Attention, toutes les pharmacies ne sont toutefois pas encore équipées en tests antigéniques et/ou opérationnelles pour les réaliser. "Certaines officines ont pris plus vite les devant que d'autres parce qu’elles ont été formées avant au prélèvement nasopharyngé (ou ont fait appel à des étudiants pour le faire) et/ou parce qu’elles ont effectué des précommandes de tests", explique de son côté un pharmacien du quartier de Convention, dans le XVe arrondissement. "Pour réaliser ces tests, il faut avoir les moyens de le faire, y compris des locaux avec des dispositifs adaptés et qui respectent les mesures sanitaires prescrites", ajoute-t-il, estimant toutefois que ça ne prendra pas beaucoup de temps pour être opérationnel.

Rappelons toutefois qu'un test antigénique s'adresse en priorité aux personnes symptomatiques, qui ont moins de 65 ans et n'ont pas de facteurs de risques. Pour les personnes les plus vulnérables, pour qui une forme grave pourrait être fatale, il est en effet recommandé de se faire tester en laboratoire.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société coronavirus/covid-19