Les catholiques réclament la messe, malgré le confinement

Depuis la mise en place d’un nouveau confinement, la célébration des offices religieuses par les prêtres est interdite, à l'exception des cérémonies funéraires.
Célébration d'une office religieuse dans une église. AFP
Célébration d'une office religieuse dans une église. AFP
Parvis de la cathédrale Saint-Louis de Versailles, dans les Yvelines. Il est 18h, ce dimanche. Près de 600 catholiques sont en prière. Ils célèbrent une messe publique. Un phénomène presque inédit en temps de pandémie de coronavirus, une période où les rassemblements doivent être limités.
 
A l’origine de cette messe : trois étudiants, qui ont manifesté leur envie d’aller à la messe sur les réseaux sociaux. "C’est à notre génération de faire bouger les choses. Réagissons ! On veut la messe ! Et nous sommes déjà plus de 250 sur le groupe au cas où vous auriez peur d’être seul.". Le trio n’exclut pas d’organiser un événement similaire chaque dimanche, tout en restant dans un cadre légal. "On préviendra les autorités comme il se doit. C’est un point auquel nous serons vigilants."

Quelques heures plus tôt, un événement similaire a eu lieu à Nantes, où 500 catholiques s’étaient rassemblés près de la cathédrale, en évoquant le "droit de retourner à la messe". 

« Activité essentielle »

Depuis la mise en place d’un nouveau confinement, la célébration des offices religieuses par les prêtres est interdite – à l'exception des cérémonies funéraires. Les églises demeurent néanmoins ouvertes pour les prières « individuelles » ainsi que pour plusieurs sacrements, notamment la confession, tout cela dans le respect des normes sanitaires imposées par le gouvernement.

Aller à la messe reste toutefois une « activité essentielle » pour les responsables des cultes. "Le droit français dit que la liberté de culte est une liberté fondamentale, et qu’à ce titre-là elle ne peut pas être réduite, au même titre que d’autres activités nécessaires et essentielles : comme d’aller faire ses courses par exemple", expliquait jeudi, au micro de France 3 Paris Ile-de-France, Bruno Valentin, évêque auxiliaire des Yvelines.

Recours en justice 

L’interdiction de célébrer des messes publiques dans le cadre du nouveau confinement ne passe pas dans l’Église de France. L’épiscopat français avait déposé mardi 3 novembre un recours devant le Conseil d’État visant à autoriser la célébration publique des messes. D’après nos confrères du Figaro, cette nouvelle action judiciaire vennait s’ajouter aux sept autres recours du même type déjà déposés séparément à la plus haute juridiction administrative de France, en fin de semaine dernière, par plusieurs associations catholiques et par cinq évêques.

L’Épiscopat espérait, sans doute, obtenir une nouvelle fois gain de cause auprès du Conseil d'Etat qui, lors du déconfinement au mois de mai, avait autorisé les Églises à organiser des messes avec toutefois la mise en place d’un protocole sanitaire strict (gel, masque, distanciation physique…). Le Conseil d’État a néanmoins rejeté samedi les recours de l’Épiscopat tout en manifestant une volonté de continuer le dialogue avec les cultes.

La célébration des messes et des autres offices revêt un double objectif pour l’Église : rehausser la fréquentation des offices par les fidèles – aujourd’hui en baisse – mais aussi permettre de payer les prêtres de France via les quêtes organisées durant les messes.
 
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