Coronavirus : le nombre de tests de dépistage bondit en Île-de-France

En pleine période estivale, de nombreux Franciliens accourent vers les laboratoires afin de passer les tests de dépistage du coronavirus.
Entre mi-juin et mi-juillet, le nombre de dépistés par semaine en Île-de-France a grimpé de 45 000 à 75 000 personnes.
Entre mi-juin et mi-juillet, le nombre de dépistés par semaine en Île-de-France a grimpé de 45 000 à 75 000 personnes. © LAURENT GILLIERON/EPA/Newscom/MaxPPP
À l’approche des vacances d’été, la plupart des Franciliens semblent avoir le même réflexe : passer le test PCR. Entre mi-juin et mi-juillet, le nombre de cas de dépistages du coronavirus par semaine a grimpé de 45 000 à 75 000 en Île-de-France. Des chiffres expliqués par l’envoi de plus d’1,3 millions de courriers et mails par l’Assurance Maladie invitant les habitants de la région à passer un test gratuit.

Au laboratoire BioGroupe de Neuilly-sur-Seine, les tests ne sont pas offerts, mais la médecin-biologiste Caroline Gutsmuth a également constaté l’augmentation massive du nombre de patients venant se faire dépister. "On a une demande qui a pratiquement doublé. Tous les gens qui partent en voyage viennent se faire dépister", explique-t-elle. Cette semaine, près de 130 dépistages ont été réalisés chaque jour par l’établissement.

Se faire dépister 72 heures avant un départ en vacances

Le laboratoire accueille alors sur place les personnes n’ayant aucun symptôme souhaitant passer les tests PCR entre 7h30 et 14h30. Seuls les patients possédant des symptômes doivent prendre rendez-vous. Les prélèvements sont réalisés dans leurs voitures, pour éviter la propagation du virus.

"Ce sont des familles entières qui viennent. On a des personnes âgées, des enfants. Il n’y a pas de profil spécifique. On a vraiment tout le monde". Ceux qui passent le test préparent souvent un séjour à l’étranger, et notamment un voyage en avion.

Tout passager doit ainsi avoir passé les tests de dépistage du coronavirus 72 heures avant son départ. C’est le cas d’Anne, venue au laboratoire ce vendredi matin : "Je pars lundi en Guadeloupe. C’est essentiel de le faire, voire impératif. Et puis, comme ça, on part l’esprit plus tranquille".

D’autres patients veulent se prémunir de tout risque, notamment pour leurs proches. Virginie a passé les tests hier après avoir été malade dans la semaine. "On ne sait jamais. Il y a des symptômes tellement différents". Comme l’ensemble des testés, la femme de 55 ans a reçu son bilan dans les 24 heures qui ont suivi son dépistage. "C’est négatif. Ça me soulage de ne pas l’avoir. Ma mère est âgée. J’ai passé le week-end avec elle. Donc je suis contente de ne pas l’avoir contaminée".

Les dépistages représentent aujourd’hui 70% des activités du laboratoire. Ce dernier estime être encore en sous-capacité. "On a beaucoup de tests. On a tout ce qu’il faut. On pourrait en faire beaucoup plus", affirme Caroline Gutsmuth.

Beaucoup de tests, mais peu de cas

Malgré la hausse du nombre de dépistages, la médecin-biologiste ne constate pas d’explosion du nombre de patients atteints par le coronavirus. "Des gens malades, on en a très peu. Aujourd’hui par exemple, on en a eu deux sur une centaine de visites", raconte-t-elle.

Pour répondre à cette demande accrue, les laborantins et techniciens sont autorisés depuis cette semaine à réaliser les prélèvements. Jusque-là, trois personnes pouvaient dépister l’ensemble des patients sur un seul site. "Ce qui nous limitait, c’était le nombre de mains, cela va beaucoup nous soulager. On va pouvoir diminuer les queues dans les files d’attente", salue la médecin-biologiste.

Des forces humaines supplémentaires qui sont les bienvenues. D’autant plus que les demandes devraient continuer à grimper. Le test pourrait en effet très prochainement se faire sans ordonnance.
 
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