Le projet du nouveau terminal à Roissy-Charles-de-Gaulle doit être repensé pour Jean-Baptiste Djebbari

Le projet prévoyait d’étendre la capacité de l’aéroport, pour accueillir 120 millions de passagers en 2035. Mais la baisse du trafic aérien change la donne.

Pour le ministre délégué aux Transports, le projet tel qu'il était prévu ne se justifie plus
Pour le ministre délégué aux Transports, le projet tel qu'il était prévu ne se justifie plus © IP3 PRESS/MAXPPP
Roissy-Charles-de-Gaulle pourrait changer de cap. Le projet d’extension de l’aéroport doit être "revu en profondeur" selon le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, ce matin sur Europe 1. Une remise en question en raison des effets de l’épidémie du coronavirus sur le transport aérien. Pour le ministre, le projet du nouveau terminal "ne se justifie plus tel qu’il était prévu". Initialement, le futur terminal avait pour but de développer la capacité d’accueil de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Roissy devait pouvoir recevoir 120 millions de passagers d’ici 2035, soit une augmentation de 50%. Mais en raison de la crise du coronavirus, le trafic aérien a fortement baissé, et un retour à la normale n’est pas prévu avant 2024 au moins dans les aéroports parisiens.  

Un avis négatif de l'Autorité environnementale

Le nombre d’avions accueillis par heure devait également grimper à 175, contre 135 à l’heure actuelle. Le tout, pour un coût estimé entre 7 et 9 milliards d’euros. Le chantier aurait du débuter en 2021, pour permettre une ouverture partielle en 2024 en marge des Jeux Olympiques de Paris. Mais en raison des retards accumulés, ces dates pouraient être revues.

Le projet avait été remis en cause par l’Autorité environnementale dans un avis publié le 8 juillet. Ce dernier appelait notamment à revoir les lignes du plan d’agrandissement de Roissy, évoquant son potentiel impact sur l’environnement. Le dossier soumis par ADP ne prendrait pas "en compte les impacts climatiques des émissions produites en phase croisière des vols" ni "les incidences du projet sur la qualité de l’air et sur le bruit, et donc la santé des résidents et riverains de la plateforme aéroportuaire" selon l'organisme.

"Entre des perspectives de croissance hypothétiques et la protection du climat et de la santé de nos concitoyens, nous avons pour notre part choisi"

Lettre du 10 janvier, co-signée par 62 élus franciliens



D’autre part, 62 maires d’Île-de-France avaient envoyé une lettre à Emmanuel Macron le 10 janvier dernier, lui demandant de stopper le projet en raison de ses conséquences sur le réchauffement climatique. "Entre des perspectives de croissance hypothétiques et la protection du climat et de la santé de nos concitoyens, nous avons pour notre part choisi" écrivaient les édiles. L’extension du terminal aurait, selon eux, pour conséquences "une augmentation de 40% du trafic aérien avec 500 vols supplémentaires par jour et 40 millions de passagers par an et une augmentation considérable des émissions de CO2 pour lesquelles la France a pourtant pris l'engagement de les réduire à 230 millions de tonnes d''équivalent CO2 d'ici 2037", détaillaient les élus.

"Il y aura besoin d’aménagement […], d’accueillir de nouveaux types de trafics, de continuer à pouvoir construire sobrement en fonction des besoins de ceux de la plateforme", a acquiescé Jean-Baptiste Djebbari. L’Etat devrait alors continuer à accompagner ADP, notamment dans le développement de projets moins coûteux.

De son côté, le groupe Paris Aéroports a annoncé viser des économies en réduisant sa masse salariale et en supprimant certains emplois après avoir perdu 543 millions d’euros au premier semestre. ADP emploie actuellement 6 300 salariés.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
politique économie aéroports de paris transports transports aériens
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter