Guerre en Ukraine : "je me sens coupable d'être ici alors que mon père et mon frère ne peuvent pas quitter l'Ukraine"

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Guerre en Ukraine : "je me sens coupable d'être ici alors que mon père et mon frère ne peuvent pas quitter l'Ukraine" - reportage de Louise Simondet, Guillaume Le Gouic et Wilfried Redonnet / Montage : P-M. Noublanche ©France 3 PIDF

Alors que la guerre en Ukraine fait rage en Ukraine depuis deux ans, qu'en est-il des ressortissants présents en France ? Nous avons rencontré une étudiante de 23 ans qui a laissé sa famille à Kiev.

Tous les jours pendant une heure, Kateryna Nakvatska téléphone à sa famille restée à Kiev, en Ukraine : "Garder le lien avec ma famille est d'une grande importance parce que je me sens coupable d'être ici tandis que mon père et mon frère ne peuvent pas quitter l'Ukraine. C'est vraiment pour les soutenir moralement".

Un soutien moral important car les hommes de sa famille sont mobilisables à tout instant en Ukraine. Aujourd'hui étudiante à la Sorbonne, Kateryna se souvient très bien du déclenchement de cette guerre. Elle se trouvait alors à Kiev : "C'est une horreur de me réveiller à cause des bombardements et de comprendre que d'un coup, c'est la même chose que pendant la Seconde guerre mondiale, c'est la guerre".

En Août 2022, elle part en direction de Paris. Sur son chemin, elle rencontre de nombreuses familles prenant la route de l'exil. Des déplacés pris en charge par le Comité international de la Croix-Rouge : "La priorité c'est d'apporter une aide humanitaire pour répondre aux besoins de base des communautés affectées. [...] Il y a à peu près, l'année dernière, 3 000 personnes qui ont reçu directement une aide alimentaire de la part du Comité international de la Croix-Rouge", affirme Achille Després, porte-parole du Comité.

Une baisse des aides en France

Si de nombreux Ukrianiens ont fui la guerre, beaucoup, après un passage en France, sont aussi retournés dans leur pays. Une situation qui peut s'expliquer entre autres par la réduction des aides. Jean-Pierre Pasternak, président de l'Union des Ukrainiens de France, dénonce la division de l'aide par deux, passant ainsi de 400 euros à 200 euros. 

Kateryna, elle, a touché 400 euros d'aides à son arrivée puis elle a eu accès à celles du CROUS mais comme beaucoup de ses compatriotes, elle n'a qu'un souhait, retourner définitivement à Kiev et contribuer au développement de son pays.