Hôpitaux de Paris : 70 directeurs médicaux craignent “un point de rupture irréversible”

Un rassemblement des personnels pour dénoncer le manque de moyens et les trop faibles salaires, le 26 septembre dernier à Paris (illustration). / © SAMEER AL-DOUMY / AFP
Un rassemblement des personnels pour dénoncer le manque de moyens et les trop faibles salaires, le 26 septembre dernier à Paris (illustration). / © SAMEER AL-DOUMY / AFP

70 directeurs médicaux de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) appellent à augmenter le budget alloué à la santé et à revaloriser les salaires des personnels, dans une tribune publiée par "Le Monde".

Par France 3 Paris IDF

« L’hôpital public s’écroule ». Dans une tribune publiée ce mercredi par Le Monde, 70 directeurs médicaux des départements médico-universitaires (DMU) de l’AP-HP réclament une augmentation des budgets et des salaires, craignant un « point de rupture irréversible ». « Nous ne sommes plus en mesure d'assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins », pointent du doigt le texte.
« Des centaines de lits d'hospitalisation » restent fermés faute de personnel, rappellent les signataires, qui expliquent « des dizaines de salles d'opération (…) chaque semaine des unités de soin ferment ». Ainsi, les délais de prise en charge « s'allongent » et ne sont plus « raisonnables » pour les « soins urgents », contraignant les patients à « se tourner » vers l’hôpital privé.

« Surcharge de travail » et « épuisement » des équipes

Des « centaines de postes » budgétisés mais non pourvus, fuite d'infirmiers, d'aides-soignants, de kinésithérapeutes... Les directeurs médicaux estiment que « trop peu de recrutements de soignants sont en vue pour espérer un retour à la normale ». Pour expliquer cette crise, la tribune souligne les conséquences de la « non-revalorisation salariale » des soignants « depuis plusieurs années » et des rémunérations « particulièrement » inadaptées au coût « des loyers, de la vie » en région parisienne.
Ils pointent aussi du doigt la « surcharge de travail » et l’« épuisement » des équipes restantes. « La fuite des médecins des hôpitaux universitaires met en péril la formation de toute la profession » et « le niveau de la santé en France », dénoncent par ailleurs les signataires.

« Réviser à la hausse » les moyens pour éviter « le pire » demain

Alors qu’une « grande manifestation » est organisée demain jeudi dans la capitale, avec l’espoir d'étendre la grève en cours depuis sept mois aux urgences à tout l'hôpital, les auteurs du texte appellent à « réviser à la hausse » l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (l'« Ondam ») pour éviter « le pire » demain. Globalement, ils appellent à « une refonte complète » du financement de l'hôpital.
Toujours d’après les signataires, d'autres « mesures d'urgence » sont nécessaires, entre autres une revalorisation du « salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu, et des médecins » ou encore un accès aux logements facilité « à proximité » des hôpitaux. De son côté, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui avait promis un « plan de soutien » courant novembre, a indiqué mardi que des « discussions » étaient « en cours » sur le niveau de l'Ondam.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus