Face au manque de moyens, médecins et infirmières transportent symboliquement la “dépouille de l'hôpital”

Une « grande manifestation » est prévue le 14 novembre pour réclamer plus de moyens humains, financiers et matériels à l’hôpital (illustration). / © IP3 PRESS/MAXPPP
Une « grande manifestation » est prévue le 14 novembre pour réclamer plus de moyens humains, financiers et matériels à l’hôpital (illustration). / © IP3 PRESS/MAXPPP

150 médecins, internes ou encore infirmières se sont rassemblés ce mardi dans la capitale pour réclamer plus de moyens à l'hôpital. Un défilé symbolique à l’occasion du vote du budget de la Sécu, et avant une « grande manifestation » le 14 novembre prochain.

Par France 3 PIDF / AFP.

Alors qu’en Île-de-France les hôpitaux publics font face à des difficultés importantes de recrutement et que les services de pédiatrie redoutent une « crise sanitaire », faute d'internes, environ 150 médecins, internes et infirmières ont défilé ce mardi à Paris pour réclamer une augmentation des moyens. Une action organisée à l’initiative du collectif Inter-Hôpitaux et du collectif Inter-Urgences.
Les manifestants, en blouses blanches pour la plupart, ont quitté à la mi-journée la station Chevaleret, près de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière dans le 13e, au son de la marche funèbre de Chopin. Le principe, symbolique : apporter la « dépouille de l'hôpital » au ministère de l'Économie où ils espéraient être reçus. En vain.

Une « grande manifestation » le 14 novembre

Ce « tour de chauffe » précède une « grande manifestation » prévue le 14 novembre prochain. L’idée était en effet « de marquer le coup » avant le vote mardi à l'Assemblée nationale du budget de la Sécurité sociale pour 2020, comme l’explique le professeur Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil dans le Val-de-Marne, et membre du collectif Inter-Hôpitaux.

« On espère que ce ne sera pas la dernière mouture du texte », précise le chef du service. Collectifs et syndicats réclament en effet un relèvement du budget octroyé aux hôpitaux. Objectif : permettre des embauches, des hausses de salaires et des lits supplémentaires.
De son côté, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a promis qu'un « plan de soutien » à l'hôpital avec « des moyens associés » serait présenté « dans le courant du mois de novembre ». Dans les faits, le budget de la Sécu limite ceci dit la progression des dépenses de santé (Ondam, pour « objectif national de dépenses d'assurance maladie ») à 2,3 % en 2020, alors que leur augmentation naturelle serait plutôt autour de 4,5 %.

Des moyens réclamés pour « pour pouvoir soigner correctement les gens »

« A partir du moment où les députés votent un Ondam qui ipso facto entraîne un déficit des hôpitaux, il y a une rupture épouvantable avec les préoccupations du terrain », s’indigne d’ailleurs le docteur Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France. Dominique Minier, infirmière en réanimation pédiatrique à Bicêtre dans le Val-de-Marne, présente dans le cortège, résume la colère des personnels : « Ce qu'on réclame c'est des moyens humains, financiers et matériels pour pouvoir soigner correctement les gens ».
Les revendications portées par les manifestants seront au cœur de la journée de mobilisation prévue le 14 novembre, alors que les organisations engagées dans le mouvement espèrent étendre la grève en cours depuis sept mois aux urgences à tout l'hôpital public. D’après le collectif Inter-Urgences, 269 services restaient toujours en grève le 23 octobre dernier.
 

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