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Il y a 69 ans, la libération de Paris...

Une photo prise en août 44 dans le 5e arrondissement à Paris / © DR
Une photo prise en août 44 dans le 5e arrondissement à Paris / © DR

Il y a 69 ans, Paris était libéré. Par lui même, déclarera même le général De Gaulle, le 25 août 1944 depuis l'Hôtel de Ville. Il aura fallu 7 jours et un nombre de tués toujours trop élevé pour que la capitale soit de nouveau libre. Et dire qu'Hitler avait ordonné la destruction de la ville...

Par Bernard Gouley

Les deux débarquements


En cet été 1944, les Parisiens savent qu'ils vont être libérés. La libération de la France a débuté le 6 juin avec le débarquement de Normandie puis s'est poursuivie le 15 août avec celui de la Provence. La question est de savoir quand Paris sera délivré.
Pour les Américains, la libération de Paris n'est pas une priorité stratégique. Le général Eisenhower souhaite contourner la capitale et ainsi poursuivre l'armée allemande qui se replie vers l'Est. Les deux débarquements qui les ont "coincés" devraient permettre de les prendre en tenaille.
Côté français, la libération de la capitale à bien sûr valeur de symbole. Mais pas seulement. Les responsables de la résistance intérieure redoutent la mise en place de l'AMGOT, cette administration militaire anglo-saxonne qui a pour mission de gérer les territoires libérés par ses forces armées. Le Président américain Roosevelt voulait imposer une monnaie et réduire certains pays comme la France à l'état de province. Une situation inacceptable pour le Général De Gaulle, chef de la France libre. Paris libéré représenterait donc un acte d'indépendance politique nationale.

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Le plan d'Hitler


Des le 7 août, Hitler donne l’ordre de détruire Paris en cas d'attaque alliée, de réduire la capitale en "un tas de ruines" selon les témoignages de l’époque. Le général Von Choltiz qui commande alors la place de Paris est celui qui restera dans l'histoire comme ayant empêché la destruction de Paris.
Dès le 15 août, on voit apparaître  quelques drapeaux français aux balcons des immeubles parisiens, ce qui déclenche la colère des Allemands et l’exécution de quelques Français. Mais en stratège averti, Choltiz sait que son combat est perdu d'avance. Car si la garnison allemande est forte de 20 000 hommes, elle est aussi mal équipée et composée pour beaucoup d'administratifs et de peu de combattants. Les soldats les plus aguerris sont sur le front de l'Est et se battent contre les soviétiques. Le commandant du Gross Paris veut plus résister que combattre.
 

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La résistance appelle à la grève générale


Avec l'annonce de l'arrivée imminente des Alliés, la résistance parisienne sent que le moment de passer à l'acte est arrivé. Ses responsables, le communiste Rol Tanguy et le gaulliste Chaban Delmas lancent l'ordre d'encercler les ilots de défense allemande. Les allemands se retrouvent dans une position défensive. Parallèlement, le 13 août un mouvement de grève est lancé : le métro ne marche plus, la poste aussi et le 15 août, c'est la police qui se rebelle. Trois jours plus tard, le 18 août, la grève générale éclate.
Des barricades sont installées un peu partout dans Paris. Les véhicules allemands peinent à se déplacer. Les premiers tirs et combats partent de la préfecture de police. Nous sommes le 19. La bataille de Paris a donc commencé dans le centre historique. Dans une ville hérissée de barricades et tenue par les insurgés, les allemands sont reclus dans leur caserne et renoncent pour beaucoup à combattre. L'histoire a oublié que des miliciens leur ont prêté maint forte. Ils étaient peu. La grande majorité était partie quelques jours plus tôt pour l'est de la France avec pour destination finale Sigmaringen en Allemagne.
C'est le 22 que les combats atteignent leur maximum. Une trêve est conclue et permet aux résistants de conforter leur position et aux allemands de quitter pour certains la capitale.

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La reddition


Les insurgés n'ont plus de munitions. Un émissaire représentant Rol Tanguy est envoyé au delà des lignes pendant l'arrêt des combats avec pour mission de chercher des renforts auprès des Alliés, avec l’appui du général Leclerc qui n’hésite pas à faire pression auprès d’Eisenhower. Ce dernier fini par accepter et la 4e division américaine arrive en renfort après de la 2ème DB pour libérer Paris.
Des combats en banlieue font rage. Les Allemands résistent et vendent cher leur peau, mais le 24 août, la 2eèmeDB de Leclerc arrive porte d'Orléans. Les Américains ont pris soin de laisser les français entrer les premiers dans la capitale. Eux ne pénétreront dans Paris que le lendemain. Les Français s'emparent des lieux stratégiques comme l'Hôtel de Ville. L'état major allemand se rend moins de 24 heures après. La reddition est signée le 25 août 1944 à la Gare Montparnasse par le général Leclerc.
Des combats sporadiques se poursuivent. Des éléments SS refusent la capitulation et se transforment en snipper ce qui effraie encore pendant quelques jours les Parisiens. Des Parisiens qui sont tout de même au rendez-vous, par milliers, pour acclamer sur les champs Élysées le général De Gaulle le 26 août 1944.


La bataille de Paris aura duré 7 jours. Environ 130 hommes de la 2ème DB auront trouvé la mort pour libérer la capitale. Un sort qu’il partageront avec 532 résistants Français et quelques 2800 civils. Côté allemand, 3200 hommes ont été tués et 12800 faits prisonniers.

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