L’inauguration d’une « place de Jérusalem » à Paris divise la majorité d'Anne Hidalgo

Anne Hidalgo inaugure ce dimanche une « place de Jérusalem » au croisement de la rue de Courcelles et du boulevard de Reims, dans le 17e arrondissement (illustration). / © LOIC VENANCE / AFP
Anne Hidalgo inaugure ce dimanche une « place de Jérusalem » au croisement de la rue de Courcelles et du boulevard de Reims, dans le 17e arrondissement (illustration). / © LOIC VENANCE / AFP

Simple hommage historique ? « Faute politique » ? La nouvelle « place de Jérusalem », inaugurée ce dimanche dans le 17e, divise la majorité entre Anne Hidalgo et ses alliés communistes et écologistes.

Par France 3 Paris IDF

Un simple nom de place en apparence, mais un sujet très sensible. L’inauguration d’une « place de Jérusalem », située au croisement de la rue de Courcelles et du boulevard de Reims dans le 17e arrondissement, vire à la polémique.
La décision de la maire Anne Hidalgo, qui participe à l’événement cet après-midi, reçoit de vives critiques dans sa propre majorité.
Dans un communiqué, la Ville justifie l’inauguration en évoquant un « lien très fort qui existe entre Paris et Jérusalem, dont la vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité ». Pourtant, chez ses alliés écologistes et communistes, le nouveau nom ne passe pas. Au cours de la cérémonie, Anne Hidalgo a tenu à rendre hommage à Jérusalem, « ville sainte de toutes les religions monothéistes : juives, chrétiennes et musulmanes ». 
 

Un « mépris du droit international, de la paix et de la fraternité entre les peuples israéliens et palestiniens »

Danielle Simonnet (LFI), élue du 20e arrondissement et candidate par ailleurs à la mairie en 2020, s’insurge par exemple face à ce qu’elle nomme une « faute politique de la majorité municipale au mépris du droit international, de la paix et de la fraternité entre les peuples israéliens et palestiniens ».
La présence lors de la cérémonie de Moshe Leon, maire de Jérusalem et « fervent défenseur de l’annexion de Jérusalem-Est et de la politique de colonisation israélienne » d’après Simonnet, est aussi mal reçue chez certains élus parisiens.

Un rassemblement anti-inauguration

L’inauguration suscite aussi de larges critiques du côté des militants propalestiniens et antisionistes, notamment le Parti des Indigènes de la République. Un rassemblement a d’ailleurs été lancé en protestation place du Maréchal Juin, juste avant la cérémonie.
D'après Anne Hidalgo, toujours au cours de la cérémonie ce dimanche, cette inauguration est une « réparation historique ». En effet, une rue de Jérusalem a existé jusqu'en 1883, à l'extrémité ouest de l'île de la Cité. Elle avait été détruite dans le cadre des travaux du préfet Haussmann, pour laisser la place au palais de justice. Ironie de l'histoire, la nouvelle place de Jérusalem se situe tout près du nouveau palais de justice, qui se trouve, lui, porte de Clichy.

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