L’utilisation de photos de victimes du 13-Novembre par des soutiens d’Eric Zemmour fait polémique

Alors que Génération Z, un groupe de soutien à Eric Zemmour en vue de l’élection présidentielle de 2022, a posté une série de photos de victimes des attentats du 13 novembre 2015, des associations dénoncent une instrumentalisation politique "ignominieuse".
Des affiches en soutien à une candidature d’Eric Zemmour pour l’élection présidentielle de 2022, dans les rues de Paris (illustration).
Des affiches en soutien à une candidature d’Eric Zemmour pour l’élection présidentielle de 2022, dans les rues de Paris (illustration). © LUDOVIC MARIN / AFP

Chaque tweet est associé au prénom et au cliché d'une victime. Sur Twitter, les comptes "Eric Zemmour 2022" et "Génération Z" ont récemment posté et relayé des photos de victimes du 13-Novembre. Une campagne en ligne lancée par Génération Z, un mouvement de jeunesse soutenant une candidature à la présidentielle du polémiste d’extrême-droite, condamné pour provocation à la discrimination raciale et provocation à la haine envers les musulmans.

Hélène, Valérie, Stéphane, Marie, Caroline, Claire, Cédric… Pour l’ensemble des nombreux posts qui concernent des victimes des attentats de Paris en 2015, un mot-clé est répété : le hashtag "#NosViesComptent".

De quoi provoquer l’indignation des associations de victimes des attentats du 13-Novembre. "Nous recevons des messages de familles et proches de victimes s'alarmant de l'utilisation d'images de victimes par ce compte @GenerationZ_off, sans qu'aucune autorisation n'ait été donnée", alerte ainsi 13onze15 Fraternité et Vérité.

Dans un communiqué commun publié mercredi avec Life For Paris, Fraternité et Vérité dénonce "l’utilisation ignominieuse qui est faite des photos de leurs enfants, parents, proches et amis décédés lors de ces attentats pour la promotion d’une candidature politique".

"Nous refusons l’instrumentalisation collective des victimes"

"Ce procédé avait déjà été utilisé en 2019 par le Rassemblement national à Paris et nous l’avions déjà dénoncé, rappelle le communiqué. Nous ne contesterons évidemment jamais le droit de tel parent de victime d’utiliser le portrait de son enfant à telle fin personnelle et individuelle que bon lui semble mais nous refusons l’instrumentalisation collective des victimes et toute forme d’utilisation et de détournement de leurs portraits par quelque organisation, pour quelque cause et quelqu’événement que ce soit."

Une réaction partagée par Christophe Naudin, rescapé du Bataclan. "C’est comme si on volait l'identité, la souffrance des victimes, déplore-t-il. Le pire, c’est que quand des victimes ont tenté d’échanger avec certains comptes, ils sont traités avec mépris. L’image est peut être un peu forte, mais c’est presque une forme de viol de la mémoire des victimes."

On patauge lamentablement dans la concurrence mémorielle. C’est dégueulasse.

Georges Salines, père d’une victime du Bataclan

"Il y a ce hashtag, "#NosViesComptent", qui est manifestement une copie de "#BlackLivesMatter", souligne de son côté Georges Salines, père d’une victime du Bataclan. Une fois de plus, comme pour les anti-vax qui utilisent l’étoile jaune, on patauge lamentablement dans la concurrence mémorielle. C’est dégueulasse."

Le compte Twitter de Génération Z est tenu par plusieurs militants pro-Zemmour, âgés de 17 à 34 ans. Contacté, son président Stanislas Rigault assure vouloir rendre hommage aux victimes des attentats. Il ne compte pas retirer les photos publiées sur Twitter.

Les associations Fraternité et vérité et Life For Paris disent, elles, rechercher "les moyens et les voies de droit les plus appropriés pour faire cesser cette atteinte intolérable à la mémoire" des victimes.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
polémique société attentats de paris terrorisme politique