La "corbicyclette", le "premier corbillard-vélo de France" pour pédaler jusqu’au cimetière

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Écrit par Pierre de Baudouin avec Denis Tanchereau, Christian Mirabaud et Yves Zysman

Les vélos vont-ils enterrer les corbillards traditionnels ? A l'approche de la Toussaint, une société parisienne de pompes funèbres présente un triporteur-corbillard pour transporter les cercueils en pédalant lors des convois funéraires.

En roulant sur les pistes cyclables de la capitale, la "corbicyclette" ne passe pas inaperçue. "C’est pour les touristes ? Ah non, pas du tout… C’est pour les morts", réagit Florence, une cycliste parisienne, en découvrant le véhicule. "Je trouve ça très sympa, ça attire l’attention", juge-t-elle.

"En ce moment, il y a des vélos électriques qui transportent tout et n’importe quoi. C’est étrange… C’est peut-être une blague, non ?", s’interroge Boris, un autre cycliste. "Pourquoi pas, c’est plus écologique sans doute", estime-t-il.

Isabelle Plumereau, fondatrice de la société de pompes funèbres Le Ciel & la Terre, est à l'origine de cette curiosité. "Bien sûr, on n'empêchera pas la tristesse. Mais on peut quand même apporter une touche d'originalité pour que les funérailles ne soient pas un moment sordide, mais une célébration", explique cette entrepreneuse, qui exerce son métier depuis 13 ans.

Le corbillard, qui pèse 180 kg à vide, peut transporter 200 kg de charge utile. Conçu par des designers nantais, l’habitacle en bois contreplaqué est fixé sur la plateforme d’un vélo triporteur en acier à assistance électrique, bridé à 25 km/h.

La "corbicyclette", le "premier corbillard-vélo de France" pour pédaler jusqu’au cimetière ©France 3 Paris Ile-de-France

"On n’est pas gêné par un moteur"

"C’est à l'avant du véhicule que le cercueil peut être introduit et ressorti. L’habitacle est fermé à clé et, à l'intérieur, un dispositif est installé pour que le cercueil ne risque pas de bouger", précise Isabelle Plumereau.

"En France la profession des pompes funèbres est très réglementée, poursuit-elle. Les corbillards sont des véhicules soumis à des normes très strictes. Il y avait donc un cahier des charges très précis. Par exemple, à l'extérieur du cimetière, on ne doit pas pouvoir voir le cercueil qui est à l’intérieur du véhicule. Sur les corbillards, les vitres des véhicules sont teintées ou occultées par des rideaux. Sur la corbicyclette, le caisson est entièrement opaque."

Au-delà de citer des arguments écologiques par rapport aux véhicules thermiques, Isabelle Plumereau met aussi en avant "le calme" au sein des cortèges lors des enterrements : "On n’est pas gêné par un moteur. On ne fait pas de bruit, il n’y a pas de gaz d’échappement. C’est vraiment un plus pour les convois."

Si l’idée vient du Pays-Bas, il s’agit du "premier corbillard-vélo de France" selon l’entrepreneuse. Lancé "prochainement" à Paris et autour de la capitale, le service devrait être proposé "au même prix" que des funérailles classiques.

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