"Laisser ces lumières allumées ne sert à rien" : Un collectif de grimpeurs urbains éteint les enseignes des magasins parisiens la nuit

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Écrit par Tom Rousset

Les membres du collectif "On The Spot Parkour" investissent les rues de la capitale la nuit afin d’éteindre de manière acrobatique les enseignes des commerces. Objectif : mettre en avant la pratique de leur sport tout en prônant la sobriété énergétique.

La nuit, ils ne dorment pas. Les membres du collectif "On The Spot Parkour" se réunissent dans les rues de la capitale une fois par mois aux alentours de minuit afin d’éteindre les enseignes des magasins de la Ville Lumière. Ensemble, ils grimpent les façades des commerces pour plonger Paris dans le noir.

Ils sont une dizaine et viennent de la France entière. "On se réunit à Paris une fois par mois pour une session collective", précise Kevin Ha, membre du groupe depuis sa création. Lors de nuits intitulées "Lights Off", que l’on peut traduire par "Lumières Éteintes", ces acrobates escaladent les bâtiments de l’extérieur jusqu’à trouver l’interrupteur pompier situé à 3 mètres du sol qui permet d’éteindre la devanture lumineuse du magasin. "Cela ne sert à rien que les lumières restent allumées si personne n’est là pour les voir, c’est du gaspillage d’énergie", insiste Kevin Ha.

Une démarche sportive et environnementale

Leur action revêt un objectif précis qui combine leur passion commune pour leur sport, le parkour, et une conscience écologiste collective. Le groupe qui s’est réuni pour la première fois dans la capitale en 2020 est composé d’adeptes de cette discipline sportive qui mêle escalade en milieu urbain et acrobaties. Le parkour connaît un essor en France depuis le début des années 2000 grâce au succès du film Yamakasi ."C’est un moyen d’expression pour nous. On souhaitait démocratiser notre sport en y associant un message citoyen", explique le membre de 'On the Spot'.

Leurs cabrioles nocturnes visent aussi à faire passer un message écologiste. "En cette période où le gouvernement prône la sobriété énergétique, nous voulons montrer que chacun peut agir à sa propre échelle en accomplissant des actions concrètes", insiste celui qui est également étudiant en océanographie. "Notre génération est de plus en plus sensible aux questions écologiques et cela nous parait logique d’agir comme on le peut, tout en mettant notre sport au service d’une bonne action."

« Nos actions entraînent une prise de conscience » 

Depuis l’avènement de ces escalades de nuit, les membres du collectif constatent une certaine prise de conscience de la part des commerçants. "Beaucoup d’entre eux décident de les éteindre la nuit suite à notre passage", se réjouit Kevin Ha. Il note également que d’un point de vue légal, leurs actions sont souvent saluées par les autorités qu’ils croisent la nuit et ne sont pas répréhensibles. "La loi est de notre côté, ces enseignes devraient être éteintes la nuit", indique-t-il. En effet, un arrêté du ministère de la Transition Écologique datant du 27 décembre 2018 stipule que les enseignes lumineuses des commerces doivent être éteintes de 1 heure à 7 heures du matin.

Face à la crise énergétique, la question des économies d'électricité dans les centres urbains est d'actualité. A Paris, les commerces équipés d’une climatisation qui laisseraient leurs portes ouvertes la journée sont passibles d'une amende. Contactée à plusieurs reprises au sujet de ses actions en faveur de la réduction des nuisances lumineuses, la Ville de Paris n’a pas donné suite à nos sollicitations.