Les personnels occasionnels de la restauration, sans aides, manifestent pour leur reconnaissance

Ce sont les intermittents de l'hôtellerie et de la restauration. En CDD ou en intérim, ils ne peuvent prétendre à des aides mais subissent l'arrêt total de leur secteur. Ils ont exposé leurs chemises et nœuds de papillon devant l'Opéra Garnier à Paris ce vendredi.

Les personnels de l'évènementiel espèrent obtenir de la visibilité et surtout, des aides.
Les personnels de l'évènementiel espèrent obtenir de la visibilité et surtout, des aides. © Denis Tanchereau - France 3 Paris Ile-de-France

Ils sont serveurs, extras en cuisine, maîtres d'hôtels et invisibles, aux yeux du législateur tout du moins. Cela car leur statut salarial, des CDDU, CDD et de l'intérim, ne leur permet pas de bénéficier des aides et du chômage partiel.

"J'ai servi tous les derniers présidents de la République française, toutes les plus grandes stars américaines, françaises, sur différents cocktails, fait des diners de gala dans tous les ministères. Mais à l'heure actuelle, on ne se soucie pas de nous. On n'existe plus. Notre profession, c'est d'être discret, professionnel, attentionné, à l'écoute de nos clients. On est plus que discret, on nous oublie complètement", déplore Nicolas Debordes, porte-parole de l'Opre, l'Organisation du Personnel de la Restauration dans l'Évènementiel.

Des dizaines de chemises d'apparat ont été exposées devant l'Opéra Garnier ce vendredi matin pour qu'enfin, leur sort soit examiné par les responsables politiques.

Leur statut salarial les empêche de pouvoir prétendre à des aides.
Leur statut salarial les empêche de pouvoir prétendre à des aides. © Denis Tanchereau - France 3 Paris Ile-de-France

"Un trou dans la raquette"

Ainsi, Thierry Claudios, autre porte-parole de l'association, explique avoir écrit à pas moins de 400 parlementaires pour plaider sa cause.

"Nous avons aussi fait une pétition à l'Assemblée nationale pour mettre en avant le projet de loi qui pourra être examiné et voté si elle obtient 500 000 signatures", espère-t-il ainsi.

En attendant, nombre d'entre eux s'enfoncent dans la précarité et ne peuvent bénéficier que d'un soutien familial ou amical. "On est, ce que le gouvernement a appelé, 'un trou dans la raquette'. C’est-à-dire que l'on a le même fonctionnement que les intermittents du spectacle et malheureusement, nous n'avons pas la même protection qu'ils peuvent avoir, c’est-à-dire une année blanche qui a été reconduite jusqu'en août 2021", poursuit Thierry Claudios.

Ce dernier craint ainsi les conséquences pour l'ensemble de la profession. Le secteur pourrait avoir dû mal à redémarrer avec de nombreux personnels formés manquants.

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