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La lutte francilienne prête pour les mondiaux de Paris

Laëtita Blot, championne de France de judo, est aussi l'un des espoirs franciliens pour les Mondiaux de lutte. / © France 3 Paris Île-de-France / ML
Laëtita Blot, championne de France de judo, est aussi l'un des espoirs franciliens pour les Mondiaux de lutte. / © France 3 Paris Île-de-France / ML

Lundi prochain, Paris accueillera les championnats du monde de lutte pour une semaine. 800 athlètes issus de 80 nations sont attendus. Côté français, la fédération place de gros espoirs dans cet événement, et les clubs franciliens figurent en bonne place parmi les chances de médailles.

Par Marine Lesprit

"Au moins une médaille". De préférence trois, une par style de lutte (féminine, libre ou gréco-romaine). Telles étaient, vendredi, les ambitions affichées par l'équipe de France de lutte et le comité d'organisation des Championnats du monde rassemblés à l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance (INSEP), en présence d'un champion du monde, Mélonin Noumonvi, et des mythiques frères Guénot, qui ont fait briller la discipline à la fin des années 2000. 

Les mondiaux doivent se tenir à l'AccorHotels Arena de Paris à partir de lundi prochain. Pour cette petite fédération, qui ne compte que 21000 licencié, l'enjeu en termes de visibilité est de taille. Une pression supplémentaire pour les 23 athlètes sélectionnés. Parmi eux, 8 Franciliens, soit un tiers des effectifs. 


► VIDEO. Reportage de Bruno Lopez et Nicolas Metauer.
La lutte francilienne prête à briller aux mondiaux


Une tradition francilienne


Cette surreprésentation ne doit rien au hasard. Avec 3000 licenciés, un chiffre en augmentation ces dernières années, l'Île-de-France est la première région sur la pratique de la lutte. Notamment en Seine-Saint-Denis : sur les 87 clubs que compte la région, près du tiers se situent dans le département.


► CARTE. Survolez les départements pour connaître le nombre de licenciés.

Cette tendance, Alain Bertholom, président de la Fédération Française de Lutte et figure emblématique de la section dédiée de l'U.S. Créteil, l'explique par le contexte socio-économique. "C'est historique et culturel, soutient-il. La lutte a été pratiquée de tous temps dans le monde ouvrier." Les trois clubs franciliens présents à haut niveau, Bagnolet, Aulnay-sous-Bois et Créteil, ont été une terre de champions qui ont fait la discipline.

Des talents attendus la semaine prochaine


Koumba Larroque, championne du monde junior en 2017 et licenciée au club de Bagnolet. / © France 3 Paris Île-de-France / ML
Koumba Larroque, championne du monde junior en 2017 et licenciée au club de Bagnolet. / © France 3 Paris Île-de-France / ML


Parmi les espoirs de médaille sur laquelle la fédération mise pour ses mondiaux, on trouve une jeune licenciée des "Diables rouges" de Bagnolet. A 19 ans, Koumba Larroque a déjà remporté un championnat du monde en junior et une médaille de bronze aux championnats d'Europe des moins de 23 ans.

Arrivée dans le club francilien en juin dernier, la jeune femme fait partie du comité de soutien à la candidature de Paris pour les Jeux de 2024. Mais la lutteuse voit déjà plus loin : "je n'ai pas envie d'attendre 2024 pour des Jeux", tonne-t-elle. D'abord les mondiaux de Paris, puis Tokyo en 2020. 


Arrivée à la lutte depuis le judo, Laëtitia Blot cumule les titres de championne de France dans les deux disciplines. / © France 3 Paris / ML
Arrivée à la lutte depuis le judo, Laëtitia Blot cumule les titres de championne de France dans les deux disciplines. / © France 3 Paris / ML

Le judo à Pontault, la lutte à Créteil... Laëtitia Blot cumule les casquettes. Et va donc aux championnats plus décontractée. D'autant plus qu'après son titre de championne de France décroché en mars dernier, elle se voyait déjà au mondiaux en catégorie - 63 kg, une section relativement désertée. 

A l'origine une judokate atypique, dont les performances ont grimpé en flèche sur le tard avec un titre français décroché cette année également, Laëtitia Blot veut faire un pont entre ces disciplines. "J'ai tout à gagner", souligne cette Rennaise d'origine, Francilienne d'adoption.


Evrik Nikoghosyan, numéro 1 français au classement dans sa catégorie en lutte gréco-romaine, un autre "Diable rouge" de Bagnolet. / © France 3 Paris Île-de-France / ML
Evrik Nikoghosyan, numéro 1 français au classement dans sa catégorie en lutte gréco-romaine, un autre "Diable rouge" de Bagnolet. / © France 3 Paris Île-de-France / ML

Autre membre du club de Bagnolet, Evrik Nikoghosyan est l'actuel numéro 1 français en lutte gréco-romaine dans sa catégorie. D'origine Arménienne, l'athlète de 31 ans est arrivé en France en 2007 et a été naturalisé après les Jeux Olympiques de Londres en 2012. C'est à partir de cette date qu'il a pu participer au championnat de France, d'où il décroche l'or en 2014 et 2015. 

Celui qui a côtoyé Steeve Guénot à Bagnolet reconnaît l'intérêt qu'il y a à combattre à domicile pour ces mondiaux. "Les copains, copines, les familles sont derrière nous", sourit-il. Il reste néanmoins lucide sur l'objectif : "on joue pour la médaille". 

Evrik Nikoghosyan à l'entraînement. / © France 3 Paris Île-de-France / ML
Evrik Nikoghosyan à l'entraînement. / © France 3 Paris Île-de-France / ML


L'enjeu olympique


Les Franciliens sont attendus au tournant, d'autant que la fédération mise gros avec cet événement, la dernière rencontre sportive qu'accueillera la capitale avant la décision d'attribution des Jeux Olympiques à Lima en septembre prochain, et pour lesquels Paris est candidate. La lutte française, discipline olympique, souhaite prouver qu'elle est à la hauteur de l'événement.

"On veut montrer à la fédération internationale qu'on est capable d'accueillir les Jeux Olympiques, reconnaît Jean-Philippe Dos Prazeres, directeur du comité d'organisation des mondiaux. Le tour de force passe par une organisation au cordeau et une moisson de breloques.


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