Le mammouth du Muséum national d'Histoire naturelle va faire peau neuve

Vieux de plus d'un million d'années et découvert en 1869, le mammouth de la grande galerie n'a jamais été restauré. Le chantier sera en partie visible au public.
Le mammouth, qui vivait il y a 1 million d'années, a été retrouvé en 1869 à Durfort dans le Gard.
Le mammouth, qui vivait il y a 1 million d'années, a été retrouvé en 1869 à Durfort dans le Gard. © MT - France 3 Paris Ile-de-France
En le regardant, on pourrait croire que le squelette de ce mammouth n'est pas sensible au temps qui passe. Mais sa couleur qui tend vers le marron cache de nombreuses fragilités qu'il est urgent de restaurer.

"On ne se rend pas compte mais il est très sale. Toute la couleur noirâtre, c'est de la crasse accumulée depuis 120 ans. On va avoir un squelette beaucoup plus clair", explique Cécile Colin, responsable de la galerie de paléontologie et d'anatomie de Paris.

Car le mammouth gigantesque (pas moins de 4 mètres de hauteur et 7 de long) n'a jamais  bénéficié d'une restauration d'ampleur. "Le gros du travail va être de démonter le spécimen os par os. Il risque d'y avoir de la casse parce que les os sont friables", poursuit-elle.

Cette étape sera normalement visible par le public, tout comme celle où l'animal sera remonté. En revanche, après avoir effectué ce travail sensible, tous les os seront envoyés dans un atelier spécialisé.
Le Mammuthus méridionalis était très grand. Celui exposé mesure 4 mètres de hauteur et 7 de longueur.
Le Mammuthus méridionalis était très grand. Celui exposé mesure 4 mètres de hauteur et 7 de longueur. © MT - France 3 Paris Ile-de-France
 

Une restauration très complexe

Un chantier qui risque de révéler des surprises tant sur l'état de conservation des os, que sur le poids de l'animal qui n'est pas encore connu. "Il faut se dire que chaque morceau, chaque os, c'est une pierre. C'est à la fois volumineux et lourd. La manipulation n'est pas facile", raconte ainsi Cécile Colin.

Le chantier, qui doit débuter en septembre 2021, permettrait aussi de rectifier de petites anomalies scientifiques. Actuellement, le mammouth est présenté marchant d'une mauvaise façon. Tous les éléphantidés marchent l'amble, c’est-à-dire qu'ils lèvent simultanément les deux pattes d'un même côté.

La restauration pourrait donner une nouvelle jeunesse à ce spécimen extrêmement rare car son squelette est presque complet. "Souvent sur des vertébrés comme celui-là, leur cadavre peut être mangé par un animal ou alors ils sont pris par des grandes pluies et partent à la mer. Là, on avait tout sur place en un seul bloc, c'est exceptionnel, surtout pour un animal aussi grand", explique la responsable de la galerie.  

400 000 euros pour le restaurer

Le spécimen (un Mammuthus méridionalis), unique en France, a été trouvé en 1869 à Dufort dans le Gard.
Il est exposé aux côtés d'un cousin, un mammouth laineux (Mammuthus Primigenius) qui vivait aux alentours des 50 000 ans avant notre ère et vivait en Sibérie. Au total, une dizaine d'espèces de mammouth ont été répertoriées.

"Sur la majorité des grands spécimens exposés, il n'y pas eu de restauration d'ampleur. Il est temps de commencer ce grand chantier. On commence à voir des fragilités qui peuvent entraîner certaines destructions irréversibles. Avec la restauration du mammouth, on commence à impulser ce qu'il faut faire prochainement", indique Cécile Colin.

Mais cette restauration a un coût estimé à 400 000 euros. Une approximation car aucun travail de ce type n'a encore été mené par le Muséum. Un appel au don a donc été lancé qui va durer jusqu'au 7 janvier.
 
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