Marche des libertés et des justices : violents affrontements à Paris

A Paris, opposants à la loi Sécurité globale, Gilets jaunes et manifestants contre la précarité se sont rassemblés ce samedi pour une marche "des libertés et des justices". De violents affrontements ont éclaté entre des casseurs et les forces de l'ordre. 21 personnes ont été placées en garde à vue.
Violents affrontements entre la police et les manifestants ce samedi 5 décembre
Violents affrontements entre la police et les manifestants ce samedi 5 décembre © Anne-Christine POUJOULAT / AFP
"Pour les droits sociaux et la liberté" : un même mot d'ordre pour plusieurs milliers de manifestants réunis ce samedi à Paris. Le cortège a défilé de la porte des Lilas à la place de la République dans un ambiance très tendue.
 
Marche des libertés et des justices à Paris samedi 5 décembre
Marche des libertés et des justices à Paris samedi 5 décembre © Zakaria ABDELKAFI / AFP

Marcher pour la liberté de la presse et la justice sociale

A l’occasion de la journée nationale contre le chômage et la précarité, plusieurs syndicats (CGT, FSU, Solidaires, Unef, UNL, Fidl, MNL) avaient appelé à se mobiliser. La précarité "s'est encore développée au plus grand profit du patronat, Medef en tête, et au détriment particulièrement des femmes", a déclaré l'intersyndicale, qui réclame la suspension de la réforme de l'assurance chômage et davantage d'aides pour tous les travailleurs précaires. "La jeunesse est singulièrement visée par les politiques gouvernementales régressives comme la baisse des APL, les réformes du bac, de l'université et de la recherche et subit, dès qu'elle se mobilise, une répression inadmissible", a t-elle ajouté en évoquant des violences policières lors des manifestations.
 

Nous ne voulons pas d’une réécriture. C’est l’ensemble de la loi qu’il faut retirer.

Syndicat national des Journalistes


Des violences policières également dénoncées par les opposants à la loi Sécurité globale à l’appel de la coordination #StopLoiSécuritéGlobale, un collectif de syndicats et d'associations, dont plusieurs organisations de journalistes. "La liberté de la presse n’est pas un privilège des journalistes, mais un droit fondamental, pour tout citoyen, à pouvoir bénéficier d’une information complète, pluraliste et libre ! Nous refusons que la France soit le pays des violences policières et des atteintes à la liberté d’informer. Nous rappelons que le droit pénal français sanctionne les actes et non les intentions. Nous affirmons qu’avec cette loi de « sécurité globale », l’atteinte au droit des citoyens et de la presse à informer est disproportionnée, et que l’arsenal juridique existant est amplement suffisant pour protéger les forces de l’ordre d’éventuelles agressions consécutives à la diffusion d’images"  a rappelé le SNJ, le Syndicat national des journalistes. 

L'annonce de la réécriture de l’article 24 de la loi Sécurité globale, qui limite le droit de diffuser l'image des policiers n’a pas affaibli la contestation. "Nous ne voulons pas d’une réécriture. C’est l’ensemble de la loi qu’il faut retirer. Derrière l’article 24, se cachent les articles 21 et 22. Le premier permet le visionnage en salle de commandement des images des caméras piétons des policiers et gendarmes. Le second autorise la surveillance des manifestations par drones. Articulés aux dispositifs de reconnaissance faciale, ces articles portent en germe des atteintes intolérables à la vie privée, à la liberté de manifester, à la liberté d’aller et venir, à la protection des lanceurs d’alerte et des sources des journalistes", a t-il également dénoncé.
           

Une marche dans un climat de violences

Pour éviter les heurts de la semaine dernière lors de la marche des libertés qui a réuni 500 000 personnes en France selon les organisateurs, plus de 6000 policiers et gendarmes ont été mobilisés. Le préfet de police de Paris a demandé à tous les commerçants de fermer les magasins sur le parcours. Des scènes de vandalisme et de violences ont émaillé la manifestation.
Plus d'une heure trente après le départ du cortège parisien, des projectiles ont été lancés sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes. Au moins six voitures et un camion stationnés le long de l'avenue Gambetta, dans le 20e arrondissement, ont été incendiés. Plusieurs vitrines de banques et agences immobilières ont été endommagées par des casseurs. Une banque a été dévasté et son mobilier brûlé. Les incendies allumés le long du parcours ont nécessité l'intervention des pompiers.
    
  A 20 heures, la préfecture de Paris indique avoir procédé à 42 d'interpellations. En fin d'après-midi, 21 personnes dont deux mineurs ont été placées en garde à vue selon le Parquet de Paris.

Condamnations des violences commises au cours de la marche

Les violences en marge de la manifestation ont été fermement condamnées par la classe politique. Pour Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, "les casseurs sont une honte pour la République", peut-on lire dans un tweet.
 
Alexis Corbière, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis a dénoncé les actes de violence dans un tweet : "la manifestation était pacifique et revendicative. Ceux qui agressent des policiers, détruisent ou brûlent non seulement commettent des actes dangeureux et condamnables, mais sont aussi les alliés objectifs de Darmanin et Lallemant".
 
 Pierre-Yves Bournazel, élu au conseil de Paris (Groupe Indépendants et Progressistes) a lui aussi condamné les actes de vandalisme. 
Près de 2000 "marcheurs" ont pu rejoindre la place de la République vers 18 heures. Une autre partie des manifestants a dû rebrousser chemin et se disperser porte des Lilas. Selon la police, 5000 personnes ont manifesté à Paris.

           
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
manifestation économie social politique presse médias