Dans le métro, une Parisienne lance une pétition contre les « frotteurs »

Publié le Mis à jour le
Écrit par Pierre De Baudouin
© France 3 Paris IDF

En pleine polémique sur le harcèlement sexuel, une jeune Parisienne dénonce le phénomène bien connu des « frotteurs » : des hommes qui profitent de la promiscuité des transports pour se coller de très près aux femmes, pour les agresser dans le métro.

La pétition « pour des affichages anti-frotteurs dans le métro parisien », déjà soutenue par 30.000 signataires, résonne particulièrement alors que les témoignages d’agressions sexuelles se multiplient sur les réseaux sociaux, avec les hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo.

Alice Millou, à l’origine de la pétition (lancée en septembre dernier sur la plateforme Change.org), réclame une campagne d’affichage et veut interpeller la RATP :

Rien n’est fait. Il y a bien une brigade spécialisée [créée il y a 2 ans], mais il n’y a pas de communication dessus. Moi je ne l’ai jamais vu. Tous les jours quand vous prenez le métro, qu’est-ce qui empêche un homme de se frotter contre vous ? Rien.

durée de la vidéo: 02 min 26
Dans le métro, une Parisienne lance une pétition contre les « frotteurs »

Difficile de prendre les agresseurs sur le fait

En heure de pointe, la jeune Parisienne de 25 ans cherche systématiquement un coin tranquille dans la rame :

Quand il y a beaucoup de monde, je ne me sens pas forcément à l’aise. J’essaye de me mettre dans les coins, sur les côtés, près des portes.

Une prudence justifiée : depuis qu’elle vit dans la capitale, Alice a été victime des frotteurs à de multiples reprises :

La première fois, c’était dans la ligne 13. Il y avait un homme derrière mois, énormément de monde autour, avec une proximité très forte. La rame était bondée. L’homme bougeait derrière mois. Au début, j’ai cru que c’était dû aux mouvements du métro. Je me suis vite rendu compte qu’il se frottait à moi, il « profitait » de moi indirectement.

De son côté, la RATP met en avant le recrutement de personnel et le développement de la vidéosurveillance, tout en refusant de parler d’impunité. Dans le métro, un frotteur risque jusqu’à cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

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