Municipales 2020 : quadrangulaire à suspens dans le XIVe arrondissement de Paris

Quatre candidats se présentent dans le XIVe arrondissement de Paris. Cédric Villani (Divers centre), Marie-Claire Carrère-Gée (Union de la droite), Eric Azière (Union du centre) et Carine Petit (Union de la gauche et maire sortante). Ils ont débattu ce soir sur France 3 Paris Ile-de-France.
Sur les cinq candidats présents au premier tour des municipales, quatre se sont maintenus au second.
Sur les cinq candidats présents au premier tour des municipales, quatre se sont maintenus au second. © France 3

Dernière ligne droite avant le deuxième tour des municipales, le 28 juin prochain. À quelques jours du vote, les quatre candidats qui présentent une liste dans le XIVe arrondissement de Paris ont débattu sur France 3 Paris Île-de-France.

Dans cet arrondissement de 137 000 habitants, la bataille est rude entre les candidats pour ravir la mairie. 

Ils participent au débat ce jeudi 25 juin

  • Carine Petit (Union de la gauche et maire sortante)
  • Marie-Claire Carrere-Gee (Union de la droite)
  • Eric Aziere (Union du centre)
  • Cédric Villani (Divers centre)

 

Signe que l'électorat est divisé, sur les onze listes présentes au premier tour, cinq ont franchi la barre des 10%, ce qui leur permet de se maintenir au second. Et quatre d'entre eux se sont effectivement maintenus avec, comme dans de nombreuses villes, une prime au maire sortant.

Dans cet arrondissement, il s'agit de Carine Petit, tête de liste de Paris en Commun, la plateforme créée par Anne Hidalgo qui regroupe plusieurs partis (Génération.s, le PCF et d'autres). Elle a recueilli 32,85% des voix le 15 mars dernier.

Proche de Benoît Hamon, elle a quitté le Parti socialiste en 2017. Élue maire en 2014, elle se présente à sa réélection. À l'époque, elle avait largement battue Nathalie Kosciusko-Morizet avec 53,08% des voix (elle se présentait alors aussi à la mairie de Paris). Dans l'entre-deux-tours, elle a été rejointe par Florentin Letissier, candidat EELV (11,27% des votes au premier tour) suite à un accord entre Anne Hidalgo et David Belliard. Elle part donc largement favorite pour le scrutin de ce dimanche.

La candidate de droite, dans le mouvement de Rachida Dati, se place en deuxième position avec 20,44% des suffrages recueillis au premier tour. Marie-Claire Carrère-Gée est une figure de la droite parisienne : présidente du Groupe Les Républicains et indépendants (LRI), elle fut conseillère de Paris de 2008 à 2014, puis à nouveau en 2018. Elle a par ailleurs tenté d'acquérir l'investiture de son parti pour être maire de Paris mais n'a pas été choisie.

Le parti présidentiel déchiré dans l'arrondissement

La campagne ardue de LREM dans la capitale est particulièrement criante dans cet arrondissement. En janvier dernier, Emmanuel Macron avait demandé à Cédric Villani de rejoindre Benjamin Griveaux, candidat officiel de LREM (il n'avait pas obtenu l'investiture de son parti et s'était maintenu).

"Entre l'appartenance à un appareil politique et l'engagement pour la ville qui m'a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et aux Parisiens en maintenant ma candidature librement", glissait-il par communiqué.

Après le naufrage de Benjamin Griveaux (suite à la diffusion de vidéos à caractère sexuel) et la désignation d'Agnès Buzyn pour reprendre la campagne, une nouvelle fois, un rapprochement était envisagé. Mais une fois encore, aucune alliance n'avait été conclue.

Au final, les deux candidats centristes présents dans l'arrondissement n'arrivent pas à dépasser les 20%. Pire pour le mathématicien, il se place en quatrième position et ne peut revendiquer la place d'opposant principal. Eric Azière, candidat LREM, conseiller de Paris depuis 2014 et figure peu connue de la vie politique parisienne le devance de plus de 3 points.

Le mégaprojet de Saint-Vincent-de-Paul

Parmi les sujets qui divisent dans l'arrondissement, il y a celui de l'ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Le projet (déjà entamé et soutenu par la majorité municipale) vise à créer 600 logements sur 60 000 m², plus un groupe scolaire, des commerces et 4 000 m² d'espaces verts. Trop peu pour l'ensemble des autres candidats.

Marie-Claire Carrère-Gée dénonce "les projets de densification : à Saint-Vincent-de-Paul, il faut s’aligner sur les hauteurs d’immeubles du quartier, prévoir beaucoup plus de logements intermédiaires et privés et créer un espace vert".

Eric Azière veut lui aussi dédensifier et "compléter cette nouvelle ambition par un grand espace végétalisé, une plus grande diversité d’usages et une meilleure insertion et connexion avec le quartier en évitant toute surélévation."

Enfin, Cédric Villani veut lui "arrêter et réétudier avec les riverains les projets immobiliers qui bétonnent le XIVe et accroissent le trafic automobile et camion (Saint-Vincent-de-Paul, Reille, Dumoncel, Montparnasse, Gaîté…)".

Résultats du premier tour

Carine Petit (Union de la gauche), la maire sortante est arrivée en tête au premier tour avec 32,85%. Elle est suivie par Marie-Claire Carrère-Gée (Union de la droite) avec 20,44%. Eric Azière (Union du centre) a recueilli 15,67% et Cédric Villani (Divers centre) 12,09%. Les six autres listes ont obtenu moins de 5% des voix.

L'abstention a été assez forte au premier tour avec 44,27% de participation.

Le débat en replay
 

 

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