Municipales : "On ne va pas faire campagne sur zoom !", les candidats à Paris veulent aussi mobiliser sur le terrain

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Le second tour des municipales à Paris aura finalement lieu le 28 juin. Les candidats attendent désormais de savoir ce qu'ils auront le droit de faire pour mobiliser les électeurs: tractage, porte à porte... Tous s’accordent pour dire que la campagne devra aussi se faire sur le terrain. 

Les tracts et les affiches de campagne sont restés confinés dans les placards depuis le 16 mars. Mais les candidats et les militants pourront-ils les ressortir pour préparer ce second tour ? Pourront-ils faire du porte à porte, aller sur les marchés ? Ces questions tous se les posent. Le Premier ministre a appelé les élus à "faire campagne différemment" et "privilégier les campagnes numériques" sans beaucoup plus de précisions. 

"Eviter une propagation du virus, c’est le premier impératif "

"Le maître mot sera le respect des consignes sanitaires. Eviter une propagation du virus, c’est le premier impératif de la campagne", explique Anouch Toranian, candidate sur la liste d’Anne Hidalgo, Paris en commun, dans le XVe arrondissement. Elle devrait se réunir rapidement avec les autres têtes de liste pour décider d’une conduite à tenir pendant la campagne. "On va devoir privilégier une campagne plus virtuelle. Je pense qu’il y a une décision unanime pour se dire que le porte à porte, on ne le fait pas pour éviter par exemple que des personnes âgées qui resteraient confinées trouvent ça intrusif", précise t-elle.

Continuer à faire du terrain

Dans le camp de Rachida Dati, les équipes du numérique ont été renforcées pour être plus présentes sur les réseaux sociaux. "On ne fera pas de cafés politiques, on ne fera pas de réunions publiques mais on a la volonté de continuer à faire du terrain. Parce que vous rajoutez la rupture numérique, tout le monde n’a pas accès à internet. On ne va pas faire campagne sur zoom !", prévient Nelly Garnier, directrice de campagne de l'élue LR et tête de liste dans le XIe.

Le candidat écologiste David Bélliard ne s’imagine pas non plus se couper du terrain. "J’attends d’avoir le cadre, on ne peut pas faire de la démocratie light, une élection c’est une élection pleine et entière avec une campagne",  plaide-t-il.
En attendant d’avoir plus de précisions sur les possibilités d’échanger physiquement avec les Parisiens lui aussi continuera à leur parler sur les réseaux sociaux. "J’ai lancé un webinaire une fois par semaine, sur des applications type, Zoom, Facebook Live ou Twitter. On échange pendant une heure avec une personnalité sur la question de la crise, des enseignements et ce vers quoi on peut aller. Je pense qu’il faut continuer à utiliser ces outils", assure-t-il.

Geoffroy Boulard, maire sortant (LR) dans le XVIIe  arrondissement compte aussi s’appuyer sur les réseaux sociaux notamment pour faire campagne auprès des électeurs retirés en province. "Dans certains quartiers, il y a 30-40% d’habitants qui sont partis et n’envisagent pas forcément de revenir, l’enjeu c’est de les mobiliser", assure-t-il. "Il faudra être créatif !".

"Ça ne sera pas une campagne comme on les aime", estime de son côté Gaspard Gantzer, candidat sur la liste d’Agnès Buzyn (LREM) dans le VIe arrondissement. "Ça ne va reprendre de manière spectaculaire, cela va d’abord reprendre dans les médias progressivement",  imagine-il. Car le doute plane sur la capacité d'Agnès Buzyn à mener la campagne de la majorité. L'ancienne ministre de la Santé a retrouvé ses fonctions de professeure d'hématologie à l'hôpital Percy de Clamart et a disparu des radars médiatiques depuis plus de deux mois.

Démarchage téléphonique

Les militants de la liste Décidons Paris, portée par Danielle Simmonnet, sont déjà prêts à reprendre la campagne. "Ils sont déterminés mais cette élection sans le droit de faire campagne en amont c’est un déni démocratique", dénonce la candidate de la France Insoumise. Elle prévoit cependant de s’appuyer sur le système des rappels téléphoniques pour convaincre les électeurs. "On a commencé à regarder rue par rue avec l’annuaire des pages blanches pour organiser du rappel téléphonique. C’est un système qu’on avait déjà mis en place pour les élections européennes mais le mieux c’est toujours le porte à porte",  plaide l'élue du XXe.

Les candidats ont plus d’un mois pour faire campagne jusqu’au second tour le 28 juin, contre 5 jours habituellement, enfin si l’élection est maintenue. Une "clause de revoyure" avec le conseil scientifique est prévue d'ici deux semaines pour s’assurer que les conditions sanitaires permettent le scrutin.