"On est malades, c'est très difficile" : à Saint-Denis, des locataires sans chauffage depuis plusieurs mois

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"On est malades, c'est très difficile" : à Saint-Denis, des locataires sans chauffage depuis plusieurs mois - reportage d'Antoine Joubeau et Bastien Moignoux / M.Cayot, O.Razanatsimba ©France 3 PIDF

Depuis l'été dernier, à Saint-Denis, à la suite d'un incendie, des habitants se plaignent de n'avoir ni chauffage, ni eau chaude dans leur appartement. Ils demandent de l'aide au bailleur social.

Dans son appartement, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), depuis cet été, Émilie Pennetier n'a plus de chauffage. La résidente affirme que la température intérieure est régulièrement en-dessous des 19°C réglementaires. 

Le bailleur lui a prêté un petit convecteur électrique mais cela ne suffit pas. Les rideaux sont constamment baissés, les bouillottes remplies et Émilie empile les sweats et les joggings pour ne pas avoir froid. "On aimerait que ce soit beaucoup plus simple, [...] on ne dort pas bien, on n'est pas reposés, on est malades, c'est très difficile et c'est encore plus difficile quand on paye nos charges correctement et notre loyer, de ne pas avoir ce service que le bailleur nous doit", dénonce la jeune femme.

En juillet 2023, un incendie d’origine criminelle frappe le parking souterrain de l'immeuble, dégradant les canalisations. L'eau chaude ne coule plus dans les robinets avant de revenir fin août contrairement au chauffage, toujours absent dans une dizaine d'appartements.

"On a directement contacté le bailleur en leur partageant nos inquiétudes sur le fait que la période de chauffe allait bientôt arriver -et en leur demandant ce- qu'ils avaient prévu de faire pour que tous les locataires soient correctement chauffés. On a fait l'effort de prévenir, on a essayé de leur demander d'anticiper parce qu'on voyait venir la catastrophe et finalement, on n'a pas été écoutés ou alors le travail n'a été fait qu'à moitié", regrette Charlène Makembe, présidente de l'amicale CNL 85_95 rue du Landy. 

Des solutions temporaires

Le bailleur assure avoir tout fait pour remettre en état le système avant l'hiver. Selon lui, le problème est indépendant de sa volonté : "Ce n'est pas une situation normale, on le comprend, c'est la raison pour laquelle nos équipes sont mobilisées [...] mais, il n'y a pas de locataire aujourd'hui pour lequel on ne garantit pas la possibilité d'avoir du chauffage dans le logement même de façon dégradée via des convecteurs électriques ", assure Ulric Caman, directeur territorial chez ICF Habitat.

Aucune date n'a été évoquée pour un retour total à la normale.