Paris : les réactions après une troisième agression homophobe

De nombreuses agressions homophobes ont eu lieu à Paris selon SOS Homophobie / © MAXPPP
De nombreuses agressions homophobes ont eu lieu à Paris selon SOS Homophobie / © MAXPPP

C'est la troisième agression à caractère homophobe depuis début octobre à Paris. Samedi, un homme a été frappé dans le 15e arrondissement de Paris. Il témoigne, photos à l'appui, sur les réseaux sociaux.

Par Aude Blacher

"Je pensais jamais que je ferais un tweet comme celui là mais ça n’arrive pas qu’aux autres: j’ai été victime d’une agression homophobe hier soir dans le 15e arrondissement de Paris parce que je portais du make-up." Ce message a été posté dimanche sur Twitter. Un jeune-homme raconte avoir été frappé dans une rue du 15e arrondissement de paris parce qu'il portait du maquillage. Ses photos montrent une blessure à la tempe et aux lèvres, des lunettes cassées.  
Ce message a été partagé 3500 fois et généré de nombreuses réactions dont celles de la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo. C'est l'une des premières à réagir pour apporter son soutien à la victime. " Cette succession d'agressions à Paris et en France est particulièrement préoccupante et nécessite un sursaut collectif."
 

David Belliard, président du groupe EE-LV au Conseil de Paris demande de son côté des moyens pour limiter ce type d'actes : éducation, information, et des sanctions.  
 

Depuis quelques mois, les réseaux sociaux se font le relais de faits qui jusqu'alors passaient incognito. L'association Stop homophobie relate que notamment ce week-end, trois autres agressions homophobes ont eu lieu à Roissy, Saint-Denis et Aubervilliers.
Pour Paris, il s'agit de la troisième agression homophobe depuis début octobre. Lundi 8 octobre, place de la République, un couple de jeunes femmes assises sur un banc public, a été agressé par un individu. Après les insultes, l'une d'elle a reçu un coup de poing au visage. 
 

Le 6 octobre, deux hommes qui s'embrassaient ont été roués de coups dans le 19e arrondissement. Et ont du être hospitalisés. Il y a quelques semaines encore, un comédien, Arnaud Gagnoud, avait témoigné de son agression sur les réseaux sociaux et porté plainte. Il racontait avoir été insulté par un groupe, devant un théâtre du XXe arrondissement avant d’être frappé à coups de casque à la tête. Ses deux agresseurs ont depuis été interpellés.
 
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Je savais qu'un jour ça m'arriverait. Une agression homophobe violente en pleine rue. Je savais qu'un jour je devrais faire ce choix : prendre une photo et la publier ou ne pas la publier. Avec les conséquences que cela aura dans les deux cas. Je ne savais juste pas quand cela aurait lieu. C'est donc aujourd'hui. -- Hier soir, avec mon copain, nous sommes allés voir jouer une amie et collègue comédienne dans un petit théâtre du 20ème arrondissement de Paris. Alors que nous sortions prendre l'air et attendre notre amie, nous avons eu le malheur, en discutant, de nous serrer dans les bras. Un câlin. Juste un câlin. Il était 22h00. Un groupe de trois jeunes, postés à une vingtaine de mètres, nous a vus. Ils nous ont interpellés. Comme nous les avons ignorés, ils se sont rapprochés. Un flot d'insultes homophobes sortait de leurs bouches. Ils exigeaient que nous quittions "leur quartier" où "y a pas de PD ici". Comme nous avons refusé de partir, les insultes sont devenues plus graves, plus haineuses. Puis un quatrième les a rejoints. Un gamin qui paraît avoir douze ans. Et c'est lui qui a appelé des renforts. Un scooter avec notre cinquième et sixième agresseurs. Insultes, bousculades, menaces. On ne cède pas. Le chauffeur du scooter détache son casque, le retire, et me frappe avec. Deux coups portés à la tête. Tout va très vite. Les spectateurs du théâtre voient la scène, arrivent en courrant, les font partir et nous mettent à l'abri. Mon copain n'a rien, fort heureusement. Pour moi un traumatisme facial, avec ecchymose et oedeme periorbitaire. 7 points de sutures et plusieurs jours d'ITT. --- Voilà. Nous avons fait le choix de partager cette photo et notre histoire. Nous avons fait le choix de porter plainte. Pour que ces violences cessent enfin, même si nous ne nous faisons pas d'illusions...

Une publication partagée par Arnaud Gagnoud (@arnaudgagnoud) le


Quand il ne s'agit pas de coups, ce sont aussi les insultes qui parfois fusent dans la rue comme en témoigne cet homme sur Twitter. 
 

Les chiffres de la préfecture de police font pourtant état d'une baisse de 11,7 % des violences commises contre les gays et les lesbiennes au cours des 9 premiers mois de 2018 à Paris et en petite couronne.
Un rapport publié en mai par l'association SOS Homophobie, faisait état quant à lui d'une augmentation du nombre d'agressions physiques homophobes en 2017 : +15%. 139 actes contre 121 l'année d'avant, principalement contre des hommes. Ce sont surtout dans les lieux publics que ces agressions physiques ont lieu: 45% des témoignages recueillis font état de ce contexte.



 

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