Paris : une marche blanche en hommage à Kelyan

Une marche blanche était organisée ce dimanche, en hommage à Kelyan Nsan-Nwet. Le jeune homme autiste, âgé de 22 ans, a été retrouvé mort la semaine dernière après avoir été porté disparu. Un drame qui pose la question de la protection des adultes handicapés.

Comment mieux protéger les jeunes vulnérables ? Alors que le corps de Kelyan a été retrouvé le 8 juillet dernier, une marche blanche en sa mémoire a été organisée ce dimanche dès 14 heures, au départ de la mairie du XIXème arrondissement de Paris. Environ 200 personnes ont pris part au cortège.

La mère du jeune homme, qui était placé sous tutelle en raison de son handicap mental, ne sait toujours pas ce qui a pu lui arriver. "On barricadait Kelyan parce qu’on savait qu’il pouvait lui arriver un malheur, raconte Félicité Nsan-Nwet. Parce qu’il était jovial, il parlait à tout le monde. Tout le quartier est abasourdi. Qui peut rencontrer un tel enfant et lui faire du mal ?"

D’après ses proches, la police n’aurait pas pris en compte l’urgence de la situation. "Comment le commissariat Erik-Satie, dans le XIXe arrondissement, a-t-il traité la disparition de Kelyan ?, s’interroge la mère de la victime. Ils n’ont voulu rien faire. Kelyan a été retrouvé grâce à sa famille et son quartier."

Une procédure spécifique en cas de disparition réclamée par des associations

Si le signalement de la disparition a bien été transmis à la police judiciaire, le corps de Kelyan a été retrouvé près de Stalingrad par Daoud Tatou, responsable d’unité au Silence des Justes, une association qui accompagne des autistes. "Aucun des policiers n’avait l’information en amont… Et on s’est battu pour qu’ils prennent la photo, pour la diffuser sur le réseau", décrit Daoud Tatou. Selon les proches de Kelyan, son corps sans vie a été découvert dans une tente installée sous le métro Jaurès, où sont regroupés des personnes toxicomanes.

Les disparitions de majeurs doivent systématiquement faire l 'objet de recherches. Mais elles ne sont parfois déclenchées que 48 heures après. Daoud Tatou, lui, dénonce la prise en charge des adultes atteints de handicaps ou de troubles psychiques : "Vous devez vous battre avec l’OPJ de permanence pour qu’il puisse déclarer cette personne vulnérable au même titre que les mineurs. Ce n’est pas un état de fait, ce n’est pas une loi aujourd’hui."

Des associations demandent la mise en place d’une procédure spécifique en cas de disparition. Une pétition en ligne, signée par près de 14 000 personnes ce dimanche, réclame de changer la loi, avec un recours à un GPS et une alerte dans les médias.

Pour ce qui est de l’enquête sur la disparition et la mort de Kelyan, un homme de 31 ans, souçonné de meurtre, a été mis en examen et incarcéré dimanche. Si le corps de la victime ne présentait pas de signes manifestes d'un possible homicide, des témoignages ont depuis conduit à l'interpellation du suspect vendredi.

A noter que des expertises toxicologiques et anatomopathologiques ont par ailleurs été ordonnées pour déterminer la cause de la mort, encore non dévoilée. A l'issue de sa garde à vue, dimanche, le suspect a été présenté à un juge d'instruction qui l'a mis en examen pour "homicide volontaire". Il a été placé en détention provisoire.

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