Passe Navigo : "C'est une mauvaise nouvelle pour les usagers, surtout dans un contexte où l'offre de transports est dégradée", réagit une association d'usagers.

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Écrit par Fleur Tirloy .

Les associations et les usagers des transports en commun dénoncent l'augmentation annoncée pour janvier prochain du prix du passe Navigo et des tickets de métro. Un rassemblement était organisé ce mercredi 7 décembre devant le conseil régional à Saint-Ouen.

Depuis 9 heures, plusieurs centaines de manifestants sont réunies devant le conseil régional d'Île-de-France à Saint-Ouen pour protester contre l'augmentation du prix du passe Navigo alors que les nouveaux tarifs doivent être entérinés par le conseil d'administration d'Île-de-France Mobilités, l'organisme en charge des transports dans la région.

La veille, Valérie Pécresse, la présidente de région, a annoncé de nouvelles grilles tarifaires, après l'annonce d'"une aide exceptionnelle" de l'Etat de 200 millions d'euros pour Île-de-France Mobilités. A partir de janvier 2023, l'abonnement mensuel au passe coûtera 84,10 euros aux usagers, contre 75,20 euros jusque-là. En hausse de 12%, moins que les 20% initialement prévus. Le ticket de métro T+ sera quand à lui vendu 2,10 euros, soit 30 centimes de plus que son prix actuel. 

Des usagers mécontents

Du côté des usagers, la colère et l'incompréhension se font ressentir. "Je ne suis pas contente. Voyez les conditions, on attend depuis plus de dix minutes dans le froid. Je gagne presque le SMIC, ça va certainement impacter mon budget", confie une usagère qui attend le tram. 

"Ca fait une sacrée augmentation alors qu'à l'origine ce n'est déjà pas donné. Surtout qu'on est souvent avec des métro bondés, et des temps d'attentes plus longs. Mais on est obligé de s'y tenir, et c'est une dépense obligatoire pour moi donc je m'y ferai", explique un trentenaire plutôt philosophe. 

Le transport est un droit essentiel. On ne devrait pas payer à ce niveau-là pour un droit essentiel.

"Ça reste trop cher pour les gens qui prennent les transports parce que c'est un vrai droit, les transports. On ne devrait pas payer à ce niveau-là pour un droit essentiel", tempête un retraité de la RATP qui ajoute :  "La situation est très dégradée, les autobus notamment. Il y a des temps d'attente de 30, 40, 50 minutes et, bien évidemment, quand les bus arrivent, ils sont surchargés et donc non, le service, il n'est pas bon. En plus, quand on dit aux gens que le prix va augmenter, c'est catastrophique."

"On doit favoriser les transports en commun. C'est une question écologique et c'est une urgence. Donc augmenter le pass Navigo, alors qu'on devrait arriver à rendre gratuits les transports en commun, citoyennement, c'est déjà inacceptable", conclut-il. "C'est pas possible de continuer à augmenter et ne pas développer, écologiquement et socialement, c'est pas possible", martèle une autre manifestante.

Pour les associations, l'augmentation ne résout pas le problème 

Pour Marc Pélissier, président de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (FNAUT) cette annonce est "difficile à avaler".

Il s'explique : "C'est une mauvaise nouvelle pour les usagers, surtout dans un contexte où l'offre de transports est dégradée. Valérie Pécresse a mis ce sujet [du financement des transports, NDLR] sur la table au mois de septembre, alors qu'il est connu depuis longtemps. Et le gouvernement a tardé à apporter une aide qui certes existe, mais qui est trop limitée."

Le président de l'association souhaite désormais plus d'échanges entre le gouvernement, les élus locaux et les associations afin que le problème ne se repose pas en 2024, bien que le scénario soit envisageable. 

Même constat pour Arnaud Bertrand, le président de l'association d'usagers "Plus de trains" : "Nous sommes déçus du résultat, on vient seulement de s'acheter une année, car le sujet de fond, à savoir qui doit payer les transports public, n'a pas été résolu. Le plan de Valérie Pécresse qui consistait à dire 'tout le monde paie 7% de plus' ne fonctionne pas puisqu'on se retrouve avec des usagers qui doivent payer 12% de plus, des collectivités 7% et les entreprises 0%. Le débat entre la région et le gouvernement n'a pas été au niveau."

Les usagers avec qui je discute ne comprennent pas que l'Etat donne 8 milliards d'euros pour le plan de soutien à l'automobile, et que de l'autre côté il y ait un tel bras de fer pour obtenir 300 millions d'euros pour les transports publics

Arnaud Bertrand, président de l'association d'usagers "Plus de trains"

Pour le président de "Plus de trains", cette augmentation n'est pas logique. "Les usagers avec qui je discute ne comprennent pas que l'Etat donne 8 milliards d'euros pour le plan de soutien à l'automobile, et que de l'autre côté il y ait un tel bras de fer pour obtenir 300 millions d'euros pour les transports publics. Il y a une incohérence dans la logique de la transition écologique."

Côté politiques

Pour le député LFI de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière fustige l'augmentation du prix du passe alors que la question des transports est majeure selon lui : "Ce qui fait le lien dans la société [et] qui permet d'avoir une capacité de mobilité. C'est un lien vivant. Pris individuellement c'est la petite augmentation mais cela s'inscrit dans un contexte global de vie chère, et d'inégalités." "C'est toujours pareil, pris individuellement, c'est la petite augmentation... Mais ça s'inscrit dans un contexte global de vie chère, comme on dit, et d'inégalités." 



La gauche communiste, écologiste et citoyenne avait appelé à la mobilisation conter l'augmentation des prix des transports.

Céline Malaisé, la présidente du la Gauche Communiste, Ecologiste et Citoyenne, demandait dès hier, mardi 6 décembre à Valérie Pécresse de "reculer" et d'annuler les hausses prévues. Elle estime qu'il serait "inconcevable que la Présidente d’Ile-de-France Mobilités maintienne son plan néfaste alors que le Gouvernement a fait un pas timide en direction des usagères et usagers. Le Navigo à 90 euros comme à 85, pour nous, c’est toujours non !"

Egalement présent, le groupe écologiste du conseil régional mobilisé sous le mot d'ordre #Stop la galère.

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