Plusieurs milliers de personnes dénoncent le racisme et les violences policières à Paris

Un rassemblement en hommage à George Floyd et pour dénoncer les violences policières était organisé à l'initiative de SOS Racisme place de la République à Paris ce mardi en fin d'après-midi.
Plusieurs milliers de personnes se sont réunies ce mardi à Paris pour dénoncer le racisme.
Plusieurs milliers de personnes se sont réunies ce mardi à Paris pour dénoncer le racisme. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Des milliers de personnes un genou à terre et observant 8 minutes 46 secondes de silence, le temps pendant lequel le policier Derek Chauvin a maintenu son genou sur le cou de George Floyd décédé le 25 mai dernier à Minneapolis et dont la mort a provoqué une vague d'indignation mondiale. 

Il y avait foule sur la place de la République ce mardi soir : 12 000 personnes selon les organisateurs et 2 400 selon la préfecture de police. Une manifestation organisée au même moment que les funérailles de George Floyd aux Etats-Unis.

A Paris, des responsables politiques de gauche étaient aussi présents comme Jean-Luc Mélenchon (LFI), Olivier Faure (PS), Yannick Jadot (EELV) ou Fabien Roussel (PCF).

Dénoncer les violences policières

Plusieurs pancartes étaient brandies par les participants parisiens comme "Je dis non au racisme", "Les hommes blancs naissent libres et égaux" ou "George Floyd, Cédric Chouviat, même police, même racisme, même asphyxie", en référence au livreur décédé en janvier à Paris lors d'une interpellation controversée.

Organisée à l'initiative de SOS Racisme, ce rassemblement entendait "dire non, en France, au #RacismeDansLaPolice, aux #ViolencesPolicieres et au #racisme dans la société", a expliqué Dominique Sopo, président de l'association.

Contrairement aux précédentes manifestations, celle-ci n'avait pas été interdite par la préfecture de police. L'état d'urgence sanitaire proscrit les rassemblements publics de plus de dix personnes "mais l'émotion mondiale, qui est saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s'appliquent", avait déclaré le matin le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"Le ministre de l'Intérieur a apporté des réponses mais je tiens à dire qu'il est déjà positif de reconnaître un racisme au sein des forces de l'ordre. Il est normal que des citoyens veulent que les forces de l'ordre soient irréprochables", a affirmé le président de SOS Racisme.

Une trentaine d'enquêtes

Christophe Castaner a prôné lundi une "tolérance zéro" du racisme dans les forces de l'ordre, dont la suspension sera "systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré" en la matière. En 2019, "une trentaine d'enquêtes judiciaires ont été engagées contre des policiers sur des propos racistes", a-t-il indiqué mardi sur BFMTV.

Le ministre a aussi annoncé l'abandon de la méthode d'interpellation policière controversée de la "prise par le cou, dite de l'étranglement", une décision qui a laissé "dubitatifs" des syndicats de police.

La sœur d'Adama Traoré, a elle tenu une conférence de presse à Paris pour réclamer des "actes de Justice" sur la mort de son frère, décédé en 2016 lors de son interpellation dans le Val d'Oise, appelant à une nouvelle manifestation samedi. "On ne demande pas que des discussions se fassent dans un salon de thé de l'Élysée", a déclaré Assa Traoré, en déclinant l'idée d'un rendez-vous avec la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
manifestation économie social société